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Un gros boulot!

il y a 4 heures
3 min de lecture

« Le travail de lâcher-prise n’est vraiment pas romantique » !

Aujourd'hui, le texte d’une étudiante de la Voie, un texte qu'elle m'avait envoyé il y a déjà assez longtemps et que j’ai vraiment aimé parce qu'il est plein d'humour, il est écrit avec beaucoup de distanciation et on entre dedans complètement, on se reconnaît ; il traite de la difficulté, bien partagée bien sûr, de lâcher, de quitter nos faux refuges et d’avancer.

Et de cette aspiration, non de cette nécessité, à avancer- avancer, comme le disait Ellul dans cette phrase magnifique, "avancer sans armure et sans armes" et ici Diana, c'est le nom de cette personne (elle a accepté que je la cite) dit : Avancer en ayant abattu nos murs, nos remparts, toutes les clôtures, tout ce qui nous enferme et elle conclut avec justesse :  « C'est un gros boulot » !


Le texte :

« Il y a quelques heures je réfléchissais -pas comme d'habitude mais comme assez souvent- à "la joie", et je ressentais que contrairement à notre vie dans le monde où l'on bâtit des maisons, des édifices, pour se protéger, pour travailler avec un certain confort, etc, pour notre confort "spirituel" (quel mot employer?) il faut au contraire abattre murs et remparts et clôtures, haies, tout, et cet espace dégagé qui se fond dans le plein Univers c'est notre demeure confortable, protectrice...cet espace immense, c'est la demeure de la joie, le foyer de la joie, la racine de la joie...

Et alors c'est ce travail des épluchures, des égratignures, des fissures, avec patience, qui de temps en temps offre un rayon de soleil ici, un rayon de soleil là, de l'air par ici, de l'air par là, et un beau jour, ploc! quelque chose qui tombe, un petit rien, une brique, deux briques, et en un instant, un instant sans limites, l’espace… Puis, tout se comble, et bien sûr, on retourne au vieux coin de sa chambre, parce que là on est encore derrière les vieux murs, les murs griffés, usés, lézardés mais ils ne peuvent plus empêcher l'air, la lumière, le ciel sans limites qui sont là, qui ont été toujours là.. .Pas de charme romantique dans ce travail de lâcher-prise !


Lâcher prise ce n'est pas un jeu d'enfants, ce n'est pas une belle consigne "spirituelle"...c'est un petit début...et voilà, on apprend à se connaître avec la joie...celle qui prend racine là où il n'y a "rien", là où tout est "là" ...à suivre...je suppose… » 


Et elle conclut : « Lâcher prise, c'est un gros boulot! »


Lâcher prise, c'est un gros boulot, voilà c’est clair ! Il faut abattre les murs et les remparts, les clôtures et les haies, tout ce derrière quoi nous pensons nous abriter, mais en fait nous nous enfermons.

J'aime bien la vision de nos murs griffés, fissurés, qui tout à coup, un rien, un petit ploc, un courant d'air, quelques mots entendus, une respiration tranquille ou un parfum d'encens, tout à coup, nos murs s'écroulent et enfin la lumière et l'immensité.


Oui, peut-être, sans doute ils vont se reconstruire, mais nous avons eu ce goût de la liberté et nous nous remettons en chemin- au boulot!- le cœur joyeux.


Alors, nous nous apercevons, il me semble, que de façon impossible à imaginer, ( sauf en poésie?) l'espace, cette lumière, et nos murs peuvent coexister.

Plus rien n'est fermé.



 
 
 

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