Le deuxième précepte

 

« L'enfant des bouddhas ne doit pas prendre ce qui ne lui a pas été donné. Il ne doit pas inciter à voler ni voler par des moyens détournés. Il ne doit pas réunir les causes de l'acte de voler, ses circonstances, ses moyens et son résultat.

Il ne doit pas voler en s'aidant d'incantations magiques, et moins encore gaspiller les biens des autres, fussent-ils des dieux ou des génies. Il ne doit pas s'emparer délibérément de quelque valeur que ce soit, même d'une aiguille ou d'un brin d´herbe, mais plutôt, cultiver la piété et l'obéissance à l'égard de tous les êtres, car ils sont porteurs de la nature de Bouddha, et les aider constamment à produire des mérites en vue du bonheur. En revanche, celui qui vole les autres se rend coupable d'une faute extrêmement grave. »

 

Il faut voir fonctionner en soi le désir égocentrique de prendre ce dont nous avons besoin ou simplement ce qui nous plaît. C'est la découverte du caractère insatiable du désir qui permet de prendre une distance par rapport à ce qui nous semblait jusque là normal, justifié et vitalement nécessaire.

En commençant à se dés-identifier de ce désir, il devient alors possible de prendre en compte l'intérêt d'autrui. L'être en face de nous et ses biens ne sont plus des objets d'appropriation et nous pouvons diriger vers lui, qui nous ressemble, des sentiments altruistes.

La culture des sentiments et des actions désintéressés devient possible.

 

Une révolution -pacifique- s'impose, car le bonheur n'est pas produit par la possession mais par le détachement.*

 

  • Voies de l'Orient, J.-Pierre Schnetzler – Commentaires sur les préceptes