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  • Joshin Sensei

Tout donner: le lapin de la lune

Le lapin de la lune, conte japonais

Pleine lune : regardez la bien : peut-être, comme les enfants japonais, y apercevrez-vous une silhouette bondissante, aux longues oreilles… Voici l'histoire :


En ce temps-là, il y avait une grande forêt dans laquelle vivaient les animaux sans peur, n'ayant eu que peu à faire avec les humains. Or arriva un vieil homme qui s'affala au pied d'un arbre en pleurant. Surpris, les animaux s'approchèrent.

« Qu'as-tu donc ? » demanda le lion, parce qu'il savait que les autres le regardaient.

« Hélas, soupira le vieillard, j'ai faim, j'ai très faim, je vais mourir de faim... »

Le doute plana : y avait-il quelque chose à faire, et fallait-il le faire ? Après tout, on n'avait pas vu souvent d'hommes dans cette forêt. « C'est l'occasion de faire connaissance » suggéra le singe, amusé par la ressemblance de cet homme avec son dernier né.

« Et de quoi as-tu besoin ? -Eh bien, il me faudrait une marmite avec de l'eau, du bois qui brûle en-dessous, et quelque chose de bon dedans ». « C'est bien compliqué», gazouilla un moineau. Le roi le pensait aussi, mais il s'était trop avancé pour reculer sans perdre la face. « Très bien, dit-il. On s'en occupe ».

Et il donna ses ordres avant d'aller s'asseoir à l'ombre.

Le chacal, la loutre et le singe partirent en courant; et le lapin – ah, mais je n'ai pas encore parlé du lapin ! Une pauvre petite chose, bien différente de nos fringants maîtres Jeannot d'aujourd'hui ! Quasiment pas de poils, incapable de sauter ! Il n'y a que ses oreilles qui étaient les mêmes, et tous les animaux se moquaient de lui comme savent le faire les bêtes quand elles sont ensemble. Mais vaillamment le lapin lui aussi partit à la recherche de nourriture. Bientôt, ils furent de retour... ( bon, c'est vrai, j'enjolive un peu...) le singe, fier autant qu'effrayé, portait à bout de bras un brandon enflammé ; le chacal serrait contre lui une marmite, dérobée on ne sait où, la loutre avait rempli d'eau ses bajoues...et le lapin boitillait misérablement, un petit bouquet de serpolet serré dans une patte. Le lion, aidé de l'homme dont on entendait le ventre gronder, installa le feu, et la marmite...et ? Et l'homme regarda tristement la marmite remplie d'eau. Le lapin fut pris de pitié : il était malingre, il était laid, il connaissait lui aussi a tristesse et le désespoir; voyant le corps du malheureux, déformé par la faim, il se reconnut à travers sa faiblesse. Il souffrait pour lui, et n'avait rien à offrir.

Alors, pour la première fois de sa vie, il fit un bond splendide, tout droit dans la marmite et s'offrit, lui, le mal-aimé, le miséreux.

Merveille ! Le vieillard redevint le jeune dieu qu'il était en vrai ; il remercia tous les animaux – le lion essaya de cacher son air vexé de n’avoir pas prévu cette fin- et le dieu se tourna vers le lapin : « Tu es le plus petit, dit-il, tu es le plus pauvre et tu es le plus généreux ; je veux te montrer ma reconnaissance.. » Et le corps du lapin se couvrit d'un beau poil clair, et ses pattes devinrent solides et musclées, et il fut heureux, le lapin, si heureux qu'il se mit à faire des bonds de joie… il sauta, sauta, de plus en plus haut, jusqu'à la lune...Regardez ! par une belle nuit de pleine lune, vous pouvez le voir, tout là-haut, le lapin au cœur plus grand que le monde...


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