Marche pour la paix
- Joshin Sensei

- il y a 2 jours
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« La vie passe très vite. Parfois, quelques secondes suffisent pour causer davantage de souffrance dans un monde déjà épuisé. Aujourd'hui, je ne vous demande pas de réfléchir à de grandes idées.
Je vous invite simplement à vivre cinq secondes de votre vie en pleine conscience. »
Je voudrais terminer ce mois de février de façon positive. Il y a eu ce mois ci une grande Marche pour la paix qui a été initiée par une douzaine de moines Theravada qui ont marché 3700 kilomètres à travers les États-Unis en parlant de paix. Je pense que ça peut tout à fait être une inspiration pour nous.
Ce périple a rassemblé chaque soir des milliers de personnes et pas seulement des bouddhistes, pas du tout, pour des méditations silencieuses en proposant une autre façon d'être ensemble. Ils ont terminé cette marche devant le Capitole à Washington, ce qui a une portée symbolique très grande, d'autant plus depuis les événements qui s'étaient passées là-bas à la fin du 1er mandat de Trump.
Là, le Vénérable a pris la parole. Et je pense que nous avons là une possibilité, encore une fois, en nous inspirant de cette démarche, on ne peut pas faire les choses exactement pareil, mais en nous en inspirant ; peut-être avons-nous une possibilité de ne pas poursuivre dans un cycle de violence.
Plus de précisions : en octobre 2025 dans un temple bouddhiste vietnamien au Texas, une vingtaine de moines de l’Ecole Theravada, se sont mis en marche et leur périple de 3700 km, vient de s’achever à la mi-février à Washington, D.C., où ils demanderont au Congrès de reconnaître le Vesak, au mois de mai, jour de la naissance et de l'Illumination du Bouddha comme jour férié.
« J'espère qu'à la fin de cette marche, les personnes que nous avons rencontrées continueront à pratiquer la pleine conscience et trouveront la paix », a déclaré le Vénérable Bhikkhu Pannakara, le leader du groupe, qui a effectué le périple pieds nus. Au-delà de la promotion de la paix, leur priorité absolue est d'entrer en contact avec les gens qu'ils rencontrent en chemin.
Bhikkhu Pannakara est ancien ingénieur et diplômé de l'université du Texas qui a troqué sa carrière dans l'entreprise contre la vie monastique.
La Marche pour la paix n'est ni un défilé, ni une manifestation, ni une cérémonie religieuse, a déclaré le Révérend Nguyen Il s'agit plutôt d'un « voyage visant à apporter des bénédictions à d'innombrables vies dans un monde rempli d'incertitudes et d'agitation ».
« La paix n'est pas un trophée que l'on trouve au bout de 3 700 kilomètres ; c'est le chemin que l'on cultive sous nos pieds à chaque respiration et à chaque pas. »
Voilà ce que m’a écrit Teijo Sensei, responsable du temple Great Tree en Caroline du nord : « À la fin de la journée, à Columbia, en Caroline du Sud, où je me trouvais, les moines étaient fatigués et souffraient de nombreux problèmes aux pieds, notamment pour avoir marché pieds nus sur des routes glacées ou sur du verre.
Mais lorsque nous nous sommes rassemblés sur la pelouse du séminaire théologique luthérien, ils ont guidé le groupe d'environ un millier de personnes dans une méditation.
Ces personnes pour la plupart n'étaient pas des bouddhistes, mais plutôt des chrétiens. C'était incroyable d'être en silence tous ensemble, guidées par les moines. Le groupe comprenait plusieurs enfants et quelques chiens. Même la police s'est jointe à nous. »
Parenthèse :
Et là, je voudrais faire une parenthèse en quelque sorte personnelle, parce qu'une des choses que je trouve absolument insupportable, c'est que dès qu’apparaissent les mots, compassion, gentillesse, paix du coeur, etc. il y a toujours quelqu'un pour vous regarder et pour ricaner en disant "on n'est pas dans un monde de bisounours". Or, c’est une façon d'amoindrir, de rabaisser, je dirais même, oui, de piétiner en fait toutes ces choses positives qui sont absolument indispensables dans le monde actuel et dans le monde humain en général d'ailleurs. Avec ce terme méprisant de bisounours, tout est balayé, tout est ridiculisé. C’est d’une grande violence.
Non, je ne vis pas, nous ne vivons pas dans un monde de bisounours, mais dans un monde humain- là où tous ces mots sont justement indispensables. C'est pourquoi il faut les utiliser, sans se préoccuper de la négativité en retour. Ils sont porteurs de lumière dans l'obscurité du monde humain.
C'est justement avec ces mots qu'a parlé le Vénérable, à l’arrivée de leur périple devant le Capitole à Washington.
Paroles de Ven Pannakara au Lincoln Memorial à la fin de la Marche pour la paix :
« La vie passe très vite
Parfois, quelques secondes suffisent
pour blesser quelqu'un.
pour dire des mots que nous regrettons
ou pour causer davantage de souffrance
dans un monde déjà épuisé.
Mais ces mêmes quelques secondes
si nous les vivons bien
peuvent devenir le début de la paix.
Aujourd'hui, je ne vous demande pas de réfléchir à de grandes idées.
Je vous invite simplement à vivre cinq secondes de votre vie en pleine conscience.
Cinq secondes vécues en pleine conscience peuvent changer une personne, une famille, une communauté, une nation et le monde.
Dans la première seconde, choisissez la bienveillance.
La bienveillance n'a pas besoin de pouvoir, d'argent ou de titre.
C'est simplement le choix de s'arrêter avant de blesser,
d'adoucir ses propos avant de parler,
de prendre soin plutôt que de réagir.
Si chaque personne prenait juste une seconde pour se demander :
« Est-ce que cela va blesser quelqu'un ? »,
le monde serait déjà plus bienveillant.
Dans la deuxième seconde, choisissez la compassion.
Nous ne savons pas quelle douleur les autres portent,
quelles pertes ils ont subies,
ou à quel point ils luttent pour survivre.
La compassion ne signifie pas être d'accord,
elle signifie ne pas ajouter davantage de souffrance.
Un monde compatissant n'abandonne pas les faibles et allège la vie de tous.
Dans la troisième seconde, choisissez l'amour.
L'amour signifie que les enfants grandissent en sécurité,
l'amour signifie que les personnes âgées vivent dans la dignité,
l'amour signifie que nous ne détournons pas le regard lorsque quelqu'un souffre.
Commencez par vous aimer sincèrement.
Commencez par cela.
Aimez la personne qui se trouve devant vous
Que vous la connaissiez ou non.
C'est ainsi que nous créons un monde plus aimant.
Dans la quatrième seconde, choisissez l'harmonie plutôt que la victoire.
L'harmonie ne signifie pas l'uniformité,
elle signifie le respect sans accord et
la coexistence sans peur.
La paix ne vient pas de la victoire,
la paix vient de la capacité à vivre ensemble.
Dans la cinquième seconde, choisissez l'espoir.
L'espoir que les gens puissent revenir à des choix moraux et justes,
l'espoir que la violence ne soit pas la réponse finale,
l'espoir que le monde puisse s'adoucir
si nous ralentissons et écoutons.
La Marche pour la paix n'est pas une protestation,
ni une conversion.
C'est un rappel que l'espoir existe toujours
lorsque les gens sont prêts à se soucier des autres.
L'espoir est la dernière lumière
qui ne doit jamais s'éteindre. »
Voilà un Chemin...allons-nous le prendre ?
Texte complet et photos :
Texte complet et photos :https://apnews.com/article/buddhist-monks-peace-walk-dog-american-south-26cadee973657ef026ab2370d04b39c5




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