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  • Joshin Sensei

" Silence?!"

( Notes) Alors vendredi, j'ai donné comme titre à la méditation du soir « Silence » et en l’écrivant, ça m'a fait sourire parce qu’en ce moment, je suis dans un endroit assez bruyant. Ca m'a fait sourire parce que souvent il y a la musique des voisins, il y a des gens qui font beaucoup de bruit dans l'escalier, donc je n'étais pas sûre du tout du silence… !


Il n’y a pas eu de beaucoup de bruit, juste à un moment, j'ai entendu comme un grondement à l'extérieur, je crois que c'était quelqu'un qui sortait les poubelles. Et je me suis dit, c'est bien, voilà, il y a juste un petit peu de bruit et c'est bien parce que nous on s’assoit et nous faisons silence dans le bruit du monde.

Nous restons en paix dans l'agitation du monde et nous essayons d'être avec un coeur compatissant dans la brutalité du monde.


Et c'est bien qu'il y ait un petit peu, ou beaucoup, enfin qu'il y ait du bruit autour de nous parce que le monde ne se tait pas : c'est nous qui nous taisons ; le monde ne s'arrête pas : c'est nous qui nous arrêtons et nous ne pouvons pas attendre qu'il n'y ait plus de tumulte, qu'il n'y ait plus d'agitation, qu'il n'y ait plus de brutalité avant de nous asseoir- que tout cela soit en nous ou à l'extérieur de nous.


Nous nous asseyons exactement avec le monde et avec notre tumulte, notre bruit, notre agitation et parfois notre brutalité.


Ca m'a fait venir à l'esprit un poème de Ryokan, ce moine-poète-ermite japonais du 18 ème s.- pour moi, mon frère de coeur! Vous savez, Ryokan habitait parfois au fond de la montagne, parfois en bordure d'un temple. Il descendait dans les villages pour mendier sa nourriture et pour jouer avec les enfants ; il était triste lorsqu'il y avait des épidémies de variole qui touchaient les enfants et parfois il jouait aux billes avec les jeunes prostituées, et quand son frère Yoshiyukilui demande :


Ce moine à la robe noire

qui s'amuse avec les filles de plaisir -

qu'y a-t-il donc dans son coeur?

Il lui répond :

M'amusant et m'amusant,

je passe à travers ce monde flottant -

puisque j'y suis, n'est-ce pas bien

de chasser les mauvais rêves des autres?


Alors lui qui médite les nuits dans son abri de montagne, lui qui écoute le silence et le bruit de la pluie, lui qui chérit sa vie de moine sans possession, il écrit :

On pourrait croire que je me suis enfermé moi-même loin des gens du monde,

et pourtant...

pourquoi alors n'ai-je jamais cessé de penser à eux?

Voilà, quand on est dans le silence, quand on est dans le calme, quand on est dans la paix de la méditation, eh bien, on n'est pas coupé des êtres. On ne fait pas cela pour se couper des êtres mais justement pour être plus près d'eux .

peut -être un peu pour chasser les mauvais rêves...




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