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  • Photo du rédacteurJoshin Sensei

Le koan du chat curieux

« La Voie, dit Harada Roshi, aussi bien que le Zen, doit être partout, à tout moment. » Quand le chat est entré dans le zendo, quand la question de notre véritable Soi a apparu, nous sommes attrapés comme le chat...comme les moines, nous devons donner une réponse..."



Intro:

Il n'y a pas d'enseignant du zen!

Dans une tradition réputée pour ses paradoxes, le plus grand paradoxe du zen est le suivant : Les enseignants du zen n'ont rien à enseigner. C'est parce que le dharma est déjà vôtre - c'est votre propre visage sans visage, non né et indestructible, et vous seul pouvez le découvrir. Il n'y a pas de miroir magique qu'un professeur puisse vous tendre pour que vous le voyiez.

https://www.lionsroar.com/author/hokuto-daniel-diffin/


Neuf générations après Bodhidharma, nous rencontrons le maître Obaku Kiun qui, du haut de son mètre quatre-vingt-dix, était un géant dans l'histoire du zen, au sens propre comme au sens figuré. L'une des trois écoles zen qui subsistent aujourd'hui porte son nom, et l'une des autres porte le nom de son élève Rinzai (chinois : Linji).

Obaku Kiun était connu à la fois pour son austérité et sa bonté, pour ses méthodes d'enseignement quelque peu violentes et pour sa compassion. Il résume son enseignement ainsi :

« Tous les bouddhas et tous les êtres sensibles ne sont rien d'autre que l'esprit unique, à côté duquel rien n'existe. Cet esprit, qui est sans commencement, est non né et indestructible.... Seul l'esprit unique est le Bouddha, et il n'y a pas de distinction entre le Bouddha et les êtres sensibles, mais ces derniers sont attachés aux formes et recherchent donc extérieurement la bouddhéité.... Ils ne savent pas que s'ils mettent un terme à la pensée conceptuelle et oublient leur anxiété, le Bouddha apparaîtra devant eux, car cet esprit est le Bouddha, et le Bouddha est tous les êtres vivants. »


Nansen coupe le chat

Commentaires L’essence du Zen p 23-24


J’ai vu souvent des personnes sauter en l’air : ils ont tué un chat… ! Dans un temple… ! Bon, ce qui est bien c’est que, alors qu’on n’écoute peut être qu’à moitié : Zazen est.. etc...là on se réveille ! Un point d’acquis !

Nansen a-t-il vraiment tué un chat… ? Un malheureux chat qui aurait mieux fait de courir après les souris dans la cuisine plutôt qu’essayer d’entrer dans le zendo…

Nansen, le Supérieur, se promenait-il avec un grand couteau à la main, prêt à trouver une occasion de s’en servir… ?

Je ne crois pas que ce soit là les questions qui se posent devant ce koan « vieux de mille deux cents ans ».

En même temps est-il symbolique ? Non : la question que pose Nansen est vraiment une question de vie et de mort pour nous aussi, pour nous d’abord.

Et c’est nous qui avons à répondre à cette question urgente, que pose Nansen : « Dites quelque chose ! » celle que Lin Tsi posait à ses moines : « Parle ! Parle !! » ( lui il ne les coupait pas en deux, il les étranglait!)

Alors... nous sommes les moines- nous avons à chaque instant à donner une réponse aux « choses » – dans le sens de dharmas- dans le sens de « naissance et mort », qui se présentent devant nous!

Mais Harada Roshi élargit notre perspective : il dit que nous sommes tout à la fois !

Nous sommes le chat, menacé s’il n’y a pas de réponse ; mais nous sommes aussi Nansen : en venant pratiquer, nous savons qu’il y a une question primordiale, essentielle, que nous nous posons à nous-même, et que nous allons la rencontrer dans le silence, sur notre coussin…

Cette question peut être mâchée et démontée, ou bien juste reposer au creux de nous -même pendant notre méditation, cela dépend de chacun, mais si nous sommes sur un coussin, c’est que nous ne pouvons plus y échapper !

Pas que nous n’ayons pas essayé, à travers toutes sortes d’activités, mais à un moment le chat est entré dans le Zendo, et on ne peut plus s’échapper !

Et… ce n’est plus seulement pendant zazen ! Nansen a attrapé le chat, et nous sommes attrapés à chaque instant, que nous soyons en train de ramasser les courgettes, de préparer la nourriture ou de faire le ménage !

Si nous pratiquons avec tout notre corps et avec tout notre esprit, Nansen ne disparaitra pas quand nous allons nous lever du coussin. Mon Maître disait toujours : « Il faut faire sortir la pratique du Zendo »

...Eh bien, quand nous sortons du zendo, Nansen nous suit, le chat nous suit, les moines nous suivent...le koan, la question, nous suit, enfin non, puisqu’elle est déjà là..

« La Voie, dit Harada Roshi, aussi bien que le Zen, doit être partout, à tout moment. » Quand le chat est entré dans le zendo, quand la question de notre véritable Soi a apparu, nous sommes attrapés comme le chat...comme les moines, nous devons donner une réponse...

Et la semaine prochaine, un autre moine, Joshu, arrive...est-ce qu’il arrive trop tard ? C’est la suite du koan !










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