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  • Joshin Sensei

La promesse..l'Illumination Suite 2


Présentation du texte par Joshin Sensei. Le texte de Joan Sutherland Roshi ci-dessous.


Nous continuons à réfléchir sur l’Illumination, celle qui est difficile à concevoir, et encore plus difficile à imaginer pour soi…

Voir la Réalité, c’est prendre conscience de la façon dont à chaque moment nous recouvrons cette réalité de nos.. souvenirs, attentes, lectures, représentations, sentiments, etc Un soutra dit : « Dans le voir, qu’il n’y ait que le voir »….pareil pour tous les sens. Mais nous nous ne le faisons pas .Comme si nous ne pouvions voir la Réalité qu’à travers des lunettes de différentes couleurs...

Un exemple : un arbre.

Si je suis un promeneur en plein été, je vois la possibilité de m’arrêter un peu à l’ombre, - si il pleut je le verrai comme un abri ; si je suis gourmande, je vais regarder s’il y aura beaucoup de fruits ; si je suis née dans le village voisin, je me souviendrai du jour où mon grand-père a planté cet arbre...si je suis scientifique je me dirai « Ah ! Un platanus coniferus... » si je suis peintre je le verrai comme une explosion de lumière, et poète, comme une ode au printemps…

Et même ! Même si je me mets devant en disant juste « un arbre », j’ai l’impression d’avoir tout enlevé mais... j’ai déjà utilisé un langage, le français, saisi un concept et « découpé » l’arbre comme si je pouvais découper le réel.Voir « juste cela », NYO..Tel..sans rien, « non-pensé », voir la totalité des choses juste comme elles sont – la réalité ultime- ou prédécesseuse , non-conditionnée : d’avant le concept, d’avant le langage : faire cette expérience, ce regard juste est illumination.

Pas de coup de tonnerre, de peau dorée, ni d’auréole ; Juste cela. Ce n’st pas « plus » mais « moins » : enlever et « cela » apparaît – qui avait toujours été là.


Le monde n’est pas sens dessus-dessous , il est, et nous en sommes part, juste cela aussi, nous en faisons partie, le monde est nous, nous sommes le monde. Et nous pouvons marcher, parler, vivre dans cette illumination qui ne peut jamais être nôtre, mais qui est. Et le monde reste fluide, et nous dans le monde , l’illumination n’est pas une « chose » figée, qui nous immobiliserait dans un état « étrange » mais au contraire notre vue devenue « juste », nous sommes directement dans le flux du monde, complètement.

Rien de nous n’est laissé de côté, c’est tel que nous sommes que nous vivons dans l’illumination du monde. Il n’y a plus deux réalités séparées, moi et le monde, mais une lumière qui éclaire et illumine la Réalité., ce que le Grand Ancêtre Ma appelait : « la profonde méditation de l’Univers ».

« Au cœur même du bouddhisme se trouve la promesse de l'illumination. C'est la flamme lumineuse qui éclaire le Dharma... »

La promesse...l’Illumination ( 2)


Arrêtons-nous quelques instants sur ce dont nous parlons. Le terme « illumination » est utilisé pour traduire différents mots de diverses langues asiatiques, lesquels, bien que proches, n’ont pas un sens parfaitement identique. Plus fondamentalement, l'illumination se réfère au mot Pali et sanskrit bodhi, qui signifie plus littéralement « éveil ».


Le mot « illumination » a un caractère d'absolu, comme s'il décrivait un état stable, quelque chose qui ne serait pas soumis au temps et à l'espace ni aux aléas de la vie humaine. Nous imaginons qu'une fois franchi ce seuil, il n'y a pas de retour en arrière.

D’un point de vue bouddhiste, la façon dont les choses sont vraiment est illumination, et notre expérience des choses telles qu’elles sont vraiment est aussi illumination – la même illumination, à vrai dire.


C'est la nature vaste et grandiose de l'Univers lui-même, et c'est la façon dont chacun d'entre nous pense, ressent et agit lorsqu’il est conscient de cette grande illumination qui se manifeste à travers nous et conscient que nous y participons. Elle n’exclut pas notre façon ordinaire d'être. C'est plutôt comme si nous avions jusque là vécu dans deux dimensions, et que, désormais, il y en avait une troisième. Les fraises ont encore le goût de fraises et les mots durs sont toujours durs, mais maintenant nous sommes conscients de la façon dont tout interpénètre tout, et que même les choses les plus difficiles sont éclairées de l'intérieur par la même lumière indivise.


Une personne m’expliquait comment, pour elle, cette révélation avait pris la forme de ce qu’elle appelait « la face cachée de la lune ». lorsqu’elle avait découvert la lumière dans nos pires zones d’ombre, ces lieux d’où nous sommes capables de causer les plus grandes souffrances. Confrontée aux dégâts ainsi provoqués dans sa vie professionnelle, elle avait trouvé cela difficile à accepter. Puis la face lumineuse de la lune était apparue, éclairant les joies de la vie. Enfin, elle avait vu que c’était là deux facettes de la même lune. Ce constat avait été à la fois bouleversant et profondément apaisant.


Cette expérience d’où rien n’est exclu s’applique aussi à nous-mêmes. Il y a mille ans, une Japonaise écrivait :


Observant la lune A l’aube Solitaire, suspendue entre ciel et terre Je me connus complètement : Rien n’est laissé de côté.

Izumi Shikibu japon 10 ème s.


Notre sentiment d’exil – de solitude- disparaît dès l’instant où nous voyons comment toute chose interpénètre toute autre chose. Le grand Ancêtre chinois Ma assurait à ses étudiants que « depuis des millions d’éons pas un seul être [n’avait] été omis dans la profonde méditation de l’univers ».


Ce moi qui nous a un jour semblé si concret, si distinct, devient fluide, se mêlant au fleuve des circonstances.


Suite du texte ( 3): Illumination et Eveil ? Différent, semblable ? Ou bien est-ce seulement notre vision, nos projections qui les voient différents? samedi 29 mai





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