Rechercher
  • Joshin Sensei

Katagiri Roshi : devenir un Bouddha ?

Mis à jour : il y a 5 jours


Katagiri Roshi : devenir un Bouddha ?


Regardant avec mes yeux humains,

je pense que c'est impossible vraiment de devenir un Bouddha.

Mais ce « je »regardant ce que fait un Bouddha

fait le vœu de pratiquer,

de vouloir,

de prendre la décision,

et me dit : « Oui, je le ferai ».

Pratiquer juste ici et maintenant

et continuer,

sans fin, toujours.

C'est cela vivre dans le vœu -

Voilà où l'on trouve la vie paisible. Katagiri Roshi in Living by Vow


J’ai choisi ce poème de Katagiri Roshi parce j’ai trouvé que c’était un très bon début pour cette période étrange, incertaine, et en même temps, pour nous rappeler à quel point toutes nos actions sont importantes. L’autre jour, dans les enseignements, nous avons trouvé cette question de Ryokan, qui se pose tous les matins « pour qui est ce que je médite ? » et il me semble que ce poème de Takagiri Roshi répond à cette question.


Je n’ai presque pas envie de le commenter parce que je trouve que ces mots parlent d’eux-mêmes et que nous sommes là, nous, dans notre vie qui est devenue dans un sens plus petite mais que grâce à cette pratique, grâce au Dharma, grâce aux Trois Trésors, nous pouvons rendre beaucoup plus grande, à chaque instant.


Quand je lis ce poème je reconnais cette sorte de tension que j’ai entre moi Joshin, qui voit toutes mes limites, tous mes manques, et cette aspiration immense que j’ai, qui vient de…de je ne sais pas où, qui me traverse, en quelque sorte, et cette aspiration qui me fait dire oui je le ferai, oui je suis entré dans la Voie du Bouddha, et oui je le ferai j’essaierai d’accomplir cette Voie jusqu’au bout pour sauver tous les êtres. Et puis je me regarde et je me dis « si déjà je pouvais faire le premier pas, ce serait pas mal ! ».


Cet équilibre qu’il y a en nous, cette aspiration à laquelle il faut rester attentive, cette aspiration nait et s’épanouit, je dirais, à travers notre pratique et à travers la pratique de zazen. Et, pratiquer juste ici et maintenant et continuer sans fin toujours. Voilà ça le « je », même le « je » Joshin, dans la mesure du possible, je peux le faire. Je peux pratiquer ici et maintenant. En ce moment je pratique sur une chaise, en ce moment je ne fais pas les prosternations, mais ça ne fait rien je pratique ici et maintenant. Après peut-être je pourrais moins pratiquer, je pratiquerai dans mon lit, je pratiquerai à mes derniers moments. Mais ça je peux le faire, c’est la seule chose que je peux continuer sans fin toujours. C’est la chose que je peux faire pour emplir cette aspiration à devenir un Bouddha.


Même si je sais que c’est impossible, je fais ce vœu et c’est ce vœu qui me guide, c’est mon voeu de bodhisattva, c’est le vœu que l’on prend le jour où on reçoit un rakusu, et c’est le vœu que j’ai cherché à accomplir encore un pas de plus, le jour où j’ai reçu cette ordination de nonne, et ce vœu-là, je l’ai fait, et je vais le remplir simplement en continuant, petit à petit.

Je pense que ce texte, car je suis optimiste comme toutes les enseignantes, je pense que vous pouvez le lire, le relire et vous y trouverez….. c’est comme un miroir en fait ce texte. Et si je me souviens bien du livre de Katagiri Roshi , il en parle comme ça, comme d’un miroir. Je me reconnais là, je me reconnais là avec mes limites qui me font dire que c’est impossible et en même temps cette aspiration qui me fait pratiquer, et pratiquer et pratiquer encore. Donc je vous recommande de lire ce texte. Et je voudrais terminer sur un mail que j’ai reçu suite à l'enseignement sur Ryokan , qui portait donc sur la question « Pourquoi est ce que je médite » la personne écrit :

« Cette question, pourquoi est-ce que je médite à une vrai résonance pour moi…parce que moi j’ai tendance à penser « pour QUI est-ce que je médite ? » Cette question, pour qui je médite, ça veut dire « à quoi ça me sert » parce que je trouve que le Samsara ce n’est pas si mal ! Mais Ryokan, lui, se pose la question pour tous les êtres. Il me faudrait donc orienter ma pratique vers l’univers. Quelle leçon,…tourner ma pratique car l’univers…et si je suis honnête… »

Voilà, se décaler de soi, s’oublier,...Ce décalage entre ce vœu et ce que nous sentons de nos limites, Katagiri Roshi y répond directement pratiquer, pratiquer et encore pratiquer….et la personne qui m’a écrit ce texte continue à pratiquer en aidant tous les êtres et c’est ce que nous allons faire avec le zazen ensemble, nous assoir ensemble, le zazen du matin, le zazen du soir, tout ce que nous pourrez faire pour nous retrouver ensemble sera important, et ces moments nous apporterons de la joie qui va illuminer notre journée et tous les êtres autour de nous.

12 vues