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  • Joshin Sensei

Jizo Sama, le bodhisattva protecteur des enfants et des voyageurs



Je voudrais parler de Jizo sama, parce que je termine toujours en me tournant vers lui alors aujourd’hui j’ai choisi d’en parler.

Je ne vais pas expliquer ce qu’est le bodhisattva dans le bouddhisme, ou dans le Zen, ce n’est pas le lieu mais plutôt parler de ce bodhisattva, à partir de son aspect populaire, de ce qu’il représente au japon. Non pas d’une vision « religieuse » du bodhisattva, mais d’une présence familière, d’un compagnon de route.

Pour les Japonais, Jizō ( pour moi, de façon affectueuse Jizo sama )est avant tout un guide au sens spirituel du terme puisqu’il aide à trouver le chemin sur la Voie de l’Eveil. Par extension, c’est également devenu le protecteur des voyageurs et on le croise souvent sur les chemins de randonnée, aux carrefour des routes où simplement sur le bords des chemins. Dans les temples également il revêt une grande importance, il marque souvent le passage du monde des hommes à celui des dieux.

Le bodhisattva dans la Prajna Paramitta

Un des Grand Disciples, Subhuti demande au Bouddha : « Quelle est la manifestation de la Grande Compassion? »

Le Bouddha: « C'est que le bodhisattva, le grand être, en marche sur la Voie du bodhisattva pense: « Par amour pour le bien de chaque vivant, je veux séjourner dans les enfers pour des siècles aussi innombrables que les grains de sable du Gange, pour y faire l'expérience de toutes les souffrances... »

En Inde il est Kshitigarbha :

KSHITI : la Terre - « Ji »

GARBHA « ZÔ »: à la fois l'embryon et le réceptacle, la matrice, le sein maternel. L'espace, le ciel. « Ayant à l'intérieur, contenant, empli de... » qui recèle, qui porte en lui : ainsi le bodhisattva Jizo porte en lui les vertus de la Terre.

La Terre est dite grande, vaste, riche, nourricière et aussi porteuse. Son culte est en rapport avec les travaux agricoles, la fécondité donc aussi la mort et l'enfantement.

C'est la terre que le Bouddha prend à témoin de son Eveil lorsqu'il est assailli par Mara, la mort. La Terre donne de la force et protège.



Jizo Sama, en raison de ce lien avec la terre, se portera spécialement au secours de tous ceux qui souffrent dans le monde souterrain, l'enfer, un des six royaumes de la transmigration continue du Samsara, même si son activité se rapporte à la totalité des six Voies de la transmigration.

C'est en Enfer, lieu où la souffrance est la plus intense qu'on le décrit avant tout à l'œuvre. Il guide les êtres pour en sortir, et s’occupe surtout des tout-petits, enfants nés avant-terme, ou morts nés. Ils restent dans les limbes et doivent construire, élever des tas de cailloux, c’est leur châtiment pour la peine qu’ils ont causée à leurs parents...( horrible!).

Donc, ces enfants, Jizo vient les aider, les protéger, les aide à passer sur l’autre rive, au nez et à la barbe des gardiens, des démons. Il joue avec eux, les câline... Et dans notre monde, les parents de ces enfants habillent Jizo de rouge, petit bavoir, un petit chapeau... ( couleur des enfants, qui protège des maladies, spécialement de la variole- Bodhidharma fut aussi un protecteur des enfants, il est toujours représenté en rouge) C’est un acte de générosité d’habiller un Jizo.

Enfin, il est aussi le gardien de ceux qui n’ont pas de tombe, ou de ceux qui ont été oubliés.

Et le protecteur des pompiers ( flammes des Enfers!)

Mais rien de morbide, ni de triste ! Jizo sama est un ami, un compagnon, un protecteur !

On lui sourit quand on le croise, il est un réconfort, une silhouette attendue aux carrefours ou dans les temples, où il y a parfois des rangées de Jizo, ou simplement dans Tokyo même, dans de petits abris, on va voir un petit Jizo, avec bonnet et bavoir.

C’est un compagnon quotidien. Il est « Jizo bosatsu », bodhisattva, ou Jizo « sama » , terme plus affectueux.


Plusieurs origines, bien sûr, voici celle que je préfère :

l’histoire d’ une jeune fille brahmane qui, sachant sa mère en enfer à cause de ses mauvaises actions- et elle avait mangé beaucoup de viande- , résolut de la sauver ; elle vend tous ses biens pour acheter des offrandes, et les offrir au Bouddha de cette ère : le Bouddha de la Méditation et de l’Eveil Fleuri. Touché par sa piété filiale, le Bouddha apparut, et il l emmène en enfer, où il explique au gardien que, grâce à sa fille, cette femme a accumulé plein de mérites, et elle peut quitter l’enfer pour le paradis ! ( Mmmm… « mérites » !? transmissibles...Oui dans le bouddhisme japonais)

Revenue dans le monde, la jeune fille reste si marquée par les souffrances qu’elle a vues en enfer qu’ elle fait le vœu devant le portrait du Tathāgata de cette ère, de revenir encore et encore dans le monde humain pour aider tous les êtres, et les sauver de l’enfer.

______ Plein de questions posées par cette histoire, une histoire non pas savante, mais populaire, comme un conte – et d’ailleurs pourquoi de jeune fille elle est devenu un homme, ou un jeune garçon ! Voir Soutra du Lotus etSoutra de Vimalakirti. Pour moi, ce qui m’intéresse là, c’est que la compassion est en effet la dimension où nous dépassons notre propre souffrance pour voircelle des autres, et nous la ressentons, et nous voulons les aider. Mais cela part de notre propre souffrance : sans avoir nous-même vécu la souffrance, nous ne mesurons pas la profondeur de la souffrance, et nous ne pouvons pas prendre cette décision.

Mais d’autre part, si nous sommes enfouis dans notre propre souffrance, nous ne pouvons pas voir celle des autres, nous y sommes aveugles, nous ne pouvons pas décider de les aider.

Sur cette image on voit 6 petits Jizos alignés comme on les voit souvent dans les cours des temples :

Les Six mondes- les six Voies :

Selon la classification générale du bouddhisme, il existe cinq classes d’êtres- soit par migrations, ou maintenant nous dirions plutôt états de conscience- Roue du samsara, toujours en mouvement-

1 les dieux- tout parfait mais transitoire...N’aide pas à aller vers l’Eveil !

2 les êtres humains : dans les six mondes, ou les 6 voiesde vies possibles, seul le monde humain, qui à la fois connaît la souffrance , peut en prendre conscience et la dépasser, est celui qui mène vers la compassion et l’Eveil

3 les asouras une sorte d’êtres célestes querelleurs et belliqueux- tout dans la compétition !

4 les esprits errants ou avides (sk. preta).

5 les êtres infernaux ou démoniaques

Ces états d'être ou de conscience décrits dans le bouddhisme sont à l'origine du cycle de la réincarnation (sk.saṃsāra). C’est une Roue, donc nous allons passer, plus ou moins vite, d’un état à l’autre…

Mais il y a dans tous les mondes un Jizo pour nous guider, nous protéger ! Comme Avalokiteshvara.

Cette image est extraite d’un dessin animé ! https://youtu.be/8qCNBtJc8tc

Un conte sur Jizo Sama ...demain c'est la soirée du Nouvel An, et le vieux couple a beau regardé partout : il n'y a plus rien à manger, et vraiment plus rien à vendre pour acheter un peu de riz...Sauf le chapeau de la grand mère, porté à son mariage...Elle le confie à son mari pour qu'il aille le vendre en ville. Ojisan ( grand-père) part, il neige de plus en plus, il est perdu, mais un Jizo Sama est là, au milieu du chemin, la neige s'accumulant sur sa tête...Par compassion Ojisan protège Jizo Sama avec son propre chapeau, puis repart...mais hésite...

Devant Jizo sama on récite tous les matins dans les temples un dharani « formule magique » !




Plus sur Jizo sama l’émission sagesses Bouddhistes par Jokei Lambert Sensei « Jizo le bodhisattva qui nous accompagne »

https://youtu.be/ILqVCPIcKHQ




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