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Avancer avec légèreté en 2026

Alors « débarrassez-vous de tout », nous dit Wanshi et à peu près tous les maîtres, et comme nous sommes des bons étudiants du Zen, nous comprenons tout de suite que ça veut dire « débarrassez-vous de votre égo », de cet égo qui est là, au milieu, toujours, qui essaye de s'étendre, qui se gonfle, qui essaye de prendre le plus de place possible, qui nous fait prendre des décisions plus ou moins bonnes Et toujours présent bien sûr !Comment l'ego pourrait-il se débarrasser de l'ego?!

Se débarrasser de tout, c'est d'abord se débarrasser de nos attachements. Alors « attachement », ça ne veut pas dire se débarrasser des personnes qu'on aime ou vouloir n’aimer personne ! Mais se débarrasser de tous ces « c'est à moi », tout ce qui nous fait dire « c'est moi, c'est moi, c'est moi. »Tel trait de caractère, moi j'aime le café, moi je suis toujours de mauvaise humeur le matin, moi je... etc. « Moi je suis », on déjà vu.


Alors peut -être qu’on peut commencer par se débarrasser des choses…

Qu’allons-nous porter, transporter avec nous cette année ? Les mêmes « choses »- et là je parle des « choses »matérielles pour commencer, qui petit petit on le sait passent de «  c’est à moi » à «  c’est moi » mais qu’il faudra bien, de bon ou mauvais gré, laisser partir ; qui nous obscurcissent- alors allons-nous faire quelques pas dans la lumière ? Saurons-nous abandonner gracieusement ce qui nous quitte ?


Le prêtre mariste Bernard Rérolle a fait un séjour dans un temple zen au japon: il y a vu les « unsui » ces jeunes moines censés être aussi libres que l’eau, aussi légers que les nuages...Pourrions-nous leur ressembler un peu nous cette année nouvelle ?


J’ai deux histoires pour nous inspirer, extraites d’un livre « Voyages vers la simplicité » réf ci dessous.


Première histoire : «  Il y a 1200 ans en Chine, un homme d'une quarantaine d'années appelé P'ang Yun entassa tout ce qu'il possédait dans un petit bateau et coula le tout dans le lac Tung T'in. Voyez-le dans le petit matin, barbotant au milieu du lac, regardant s'élever du fond de l'eau les dernières bulles. L'air est froid et serein. Le lac un peu brumeux et aussi calme que le ciel. Puis, il se détourne et nage jusqu'à la rive. Après cela, nous dit-on, il vécut comme une feuille au vent ».


Je pense que ça coupe un peu le souffle : Regardez autour de vous et imaginez tout ce que vous aimez au fond du lac...votre smartphone faisant ses dernières bulles...


Deuxième histoire- un peu différente, comment donner qqc qu’on n’a pas envie de donner, et à des personnes à qui on n’a pas envie de donner ? :

« Justine Dalencourt, une Quaker française, fut obligée de quitter sa maison dans l’Oise quand l'armée allemande envahit la France en 1914, mais, auparavant, elle fit son jardin potager, disant: «  J'aime mieux qu'ils trouvent quelque chose à manger chez moi plutôt que d'avoir à voler chez d'autres. » Elle plante les dernières graines, arrose, tapote la terre...

« La riche odeur de terre monte vers elle. Etrange bruit de tonnerre, au loin. Puis, elle se lève, fait demi-tour et part. »


Quitter gracieusement ce que nous devons quitter, mettre en ordre ce que nous devons laisser derrière nous...saurons-nous le faire cette année ?


«  Imaginez: ne pas être encombré, une façon gracieuse de voyager comme une simple feuille. Maintenant imaginez-en une autre: la lumière dans laquelle nous voyageons, la lumière qui montre le chemin. Notre lumière de voyage.

Qu'est-ce que ça veut dire «  vivre comme une feuille au vent »? Qu'est-ce que cela voudrait dire faire de notre vie un voyage de simplicité ? Un voyage désencombré, sans fouillis, sans confusion – un voyage avec concentration et attention et en même temps un voyage de légèreté et de lumière?

Les Quakers disent qu'une flamme divine brille à l'intérieur de chaque être humain, tous les êtres humains. Est-ce qu'une telle lumière nous rappellerait qu'après avoir volé notre maison, les soldats auront faim? Et pour voir cette Lumière Profonde, en nous-même et dans les autres, faut-il d'abord avoir coulé notre bateau ? » Journeys of Simplicity . P. Harnden


Pour nous, pratiquants de la Voie, la lumière est celle du Bouddhadharma, et l’exemple pourrait être celui de l’unsui : « Nuages et eau » » - Père Rérolle : «  C’est le nom par lequel les moines bouddhistes désignent les jeunes novices pendant leurs années de formation au monastère. Temps de retraite et de dépouillement tant matériel que temporel- peu d’affaires personnelles, peu de temps libre...

“Nuages et eau” : tournons-nous du côté de la poésie. La terre du Japon est très fréquemment couverte de nuages, détrempée de pluie. La langue japonaise procède par accolement de substantifs pour produire des chocs d’images destinés à remplacer de longs raisonnements et le zen a le culte de « l’illumination subite ». B. Rérolle Le Japon du silence et la contemplation du Christ.


Il a écrit ce livre après avoir voyagé dans les temples japonais, y avoir médité et partagé la vie des moines. Il y note ceci : «  Ce voyage poursuivait un double objectif : la rencontre des moines du bouddhisme Zen d’une part et la rencontre de celui que j’avais à devenir personnellement d’autre part. »


Le voyage d’une vie, le voyage de toute vie, la rencontre la plus importante que nous devons faire dans cette vie, disait Ikkyu : se rencontrer soi-même....

Le ciel est vaste, sans limites, les nuages y flottent et passent, sans l’encombrer ; l’eau jaillit de la terre, et chante, et coule, en contournant les obstacles, sans rien emporter avec elle...


Le Bouddha dans les Nikayas : « Ne nous laissons pas engluer dans nos attachements, cela ne ferait qu’exaspérer nos souffrances : ouvrons-nous généreusement à la vérité et à la compassion. »


Imaginez ceci – la barque coulée, le jardin quitté, eau et ciel sans obstacle- transposé dans votre vie ? Comment retrouver la même liberté, la même légèreté ?

Qu’est-ce qui fait obstacle ?

Rien peut être...rien que nous...


                




 
 
 

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