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  • Joshin Sensei

Ralentir ! On y est ! Jokei Sensei


Voici maintenant une dizaine de jours que nous vivons à l'heure du confinement. C'est surtout dans les rues que je suis impressionnée... Le silence des voitures, le peu de personnes.

Il est sûr que cette situation peut vite devenir beaucoup plus difficile, suivant l'environnement, suivant le contexte dans lequel chacun vit. Pour nous trois, ici, même si c'est un peu plus fermé qu'à notre habitude, cela ressemble beaucoup à notre quotidien. Je suis heureuse que ces vidéos en directe, Online comme on dit, permettent de s'adresser à beaucoup de personnes venant d'horizons et d'aspirations différentes.

Je suppose que certaines personnes commencent ou peuvent se sentir comme un animal en cage, on peut aussi se demander combien de temps cela va durer, est-ce que je me suis bien lavée les mains, etc. En tout cas, une atmosphère d'incertitude et de changement de rythme de vie, d'habitudes, brutal nous oblige à regarder, ouvrir les yeux. Je pense. Nous sommes tous bousculés. Une personne m'a dit : « Ce sont tous nos repères qui ont changé ». Je pense à tout ça, et je me disais qu'aussi beaucoup d'entre nous avons certainement déjà clamé haut et fort, bien des fois : « Ah, si je pouvais rester tranquille à la maison, sans contrainte », « Revenir à plus de calme, de tranquillité », « Je n'ai jamais de temps pour moi ». Alors, je comprends que vous ayez le télétravail ou les enfants ou un parent à vous occuper, mais il faut quand même bien voir, réaliser que : « Ça y est, le temps, une certaine dose de tranquillité, la fin des transports en commun bondés : On y est ! Formidable, non ! »

C'est là sous nos pieds !

Avant, on avait pas le temps à cause de nos devoirs, de nos obligations. Et aujourd'hui, qu'allons-nous faire de tout ce temps ?

Allons-nous l'utiliser, le passer à nous plaindre que : « Nos ne pouvons pas sortir comme on veut » ? « Les enfants nous prennent tout notre temps » ?, que ceci, que cela. Il y aura toujours une part de soi qui se plaint, mais si nous regardons, nous commençons à regarder que ce temps de confinement, ce n'est pas seulement du temps mais que c'est notre propre vie alors cela peut devenir une source de joie et d'apaisement.

Ces premiers jours nous apprenons à RALENTIR.

Bien sûr, une voiture qui va à 100km/heure ne pile pas quand on freine, il lui faut un peu de temps, autrement la secousse à l'intérieur de l'habitacle serait très brutale Nous pouvons prendre notre temps pour regarder, entourer, apprécier, aimer ceux qui nous entourent, écouter la personne qui est à nos côtés. Reconnaître la beauté, la générosité du monde. Nous pouvons écouter les oiseaux chanter, nous pouvons vivre à travers toutes ces choses simples, revenir à ces petites choses si simples qu'en général nous ne les voyons même pas. Nous n'y prêtons aucune attention, alors qu'ils sont une part importante de nos vies, de ce qui nous relient.

Le Maître vietnamien Thich Nhat Hanh nous dit de prendre notre temps en épluchant et en mangeant un fruit ou en buvant notre tasse de thé. Les sentir, les goûter, sentir leur texture. En un mot être là, pour revenir aux choses essentielles et simples.

Hier à 19h30, toutes les cloches des églises de France ont carillonné. Elles disaient : « Nous sommes ensemble, il n'y a personne ou peu de monde dans les rues mais nous sommes là, tous ensemble, réunis Nous sommes tous sur le même bateau ».

Pendant quelques minutes nous étions reliés à travers ce fils invisible qu'était le son des cloches.

Je nous souhaite de ne pas perdre ce fil et d'apprécier jour après jour ce temps de confinement.

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