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Dans l’iconographie bouddhiste, la compassion prend la forme du/de la bodhisattva Kwan Yin (Kanzeon/Avalokiteshvara) dont on dit qu’elle se manifeste partout où les êtres ont besoin d’aide.
Faire naître en nous cette compassion est non seulement bénéfique aux autres, mais aussi à nous-mêmes. 
 
En plaçant les autres avant nous, nous assouplissons les liens de fixation sur nous-mêmes, et ainsi, nous nous rapprochons de notre libération.
La compassion n’est étrangère à aucun de nous : nous savons ce que cela fait d’être profondément touché par la douleur et la souffrance d’autrui. 
 
Tous, nous recevons notre propre part de chagrin et de difficultés au cours de cette vie. Nos corps vieillissent, notre santé devient précaire, nos esprits peuvent être en proie à la confusion et à l’obsession, nos cœurs sont brisés. 
 
Nous voyons beaucoup de personnes contraintes de supporter l’insupportable – la famine, la tragédie, des épreuves dont nous n’avons pas idée. Ceux que nous aimons connaissent la maladie, la douleur et les peines de cœur, et nous aspirons à les soulager de leur fardeau.
L’histoire humaine est une histoire d’amour, de rédemption, de gentillesse et de générosité. 
 
Mais c’est aussi une histoire de violence, de divisions, de négligence et de cruauté. Confrontés à toutes ces choses, nous pouvons nous attendrir, tendre la main et faire tout ce que nous pouvons pour atténuer la souffrance. Ou nous pouvons choisir de vivre dans la peur et le déni, de faire tout ce que nous pouvons pour empêcher que notre cœur soit touché, craignant de nous noyer dans cet océan de chagrin.
 
Il nous faut sans cesse apprendre l’une des principales leçons de l’existence : fuir la souffrance – endurcir son cœur, se détourner de  la douleur – c’est renoncer à la vie et vivre dans la peur.                            
 
Aussi difficile qu’il soit d’ouvrir nos cœurs à la souffrance, c’est pourtant le chemin le plus direct vers la transformation et la libération. 
Pour découvrir en nous un cœur éveillé, il est capital de ne pas idéaliser ou mythifier la compassion. 
 
Notre compassion naît simplement de notre volonté de rencontrer la douleur plutôt que de la fuir.
 
La compassion et la sagesse sont au cœur de la Voie du Bouddha.
 
Christina Feldman