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  • Joshin Sensei

Contempler l’automne,

la couleur des arbres, le changement…Bon, c'est un peu cliché mais pour moi l'automne, c'est la saison où le changement apparaît concrètement, devant mes yeux! Et il m'émerveille! cela m'a ramené à un texte que j'ai écrit il y a quelque temps: Quatre éléments.

Parce que l'automne nous renvoie à notre propre devenir, à notre changement: "Dans ce que j'appelle "moi"...


Dans les Enseignements, le Bouddha refuse le concept d’être, parce qu’il y voit le fait de rendre fixe, statique, ce qui n’est que flux, changement ou devenir -

Samyutta Nikaya « Je déclare que le monde, l'apparition du monde, la cessation du monde, le chemin qui mène à la cessation du monde sont dans cette carcasse haute d'une toise avec ses perceptions et son esprit .

Jamais la fin du monde ne peut être atteinte en voyageant mais il n'y a pas de fin à la souffrance sans atteindre la fin du monde. » extrait de Gombrich La pensée du Bouddha


Ce changement, ce devenir dans le corps, à la fois devenir est exprimé dans les 4 NV: samsara, maladie, vieillesse, mort, ( et là assise sur une chaise, je vois bien que j'ai les pieds dans ce devenir ! ) mais aussi devenir vers la libération, vers la délivrance. Et ces deux changements s'entrecroisent, s'interpénètrent à travers le corps.


M° Dogen dit: " Vivre cent ans sans but, c'est manger le fruit amer du temps; suivre la pratique du Bouddha, ne serait-ce qu'une seule journée, vous donnera cent ans de vie, dans ce monde comme dans le prochain. La vie de chaque jour doit être respectée ; le corps doit être respecté. C'est à travers notre corps et notre esprit que nous pouvons pratiquer la Voie, c'est pourquoi ils doivent être aimés et respectés."


Et ce corps pour la pensée bouddhique est composé de quatre éléments.


Les 4 éléments

Les éléments sont les constituants de toute chose.

Bouddha enseigna que tout bhikkhu ou laïc ayant eu la chance de rencontrer les Enseignements devraient contempler le corps, qui se compose des éléments terre, eau, feu et vent (air).

En procédant ainsi, chacun est amené à comprendre que ce corps n’est pas le sien. Il ne dira plus : « ceci est mon corps, ceci est le mien, ceci est ma possession, ceci est MOI, etc. », car il verra que ce corps est seulement un ensemble des quatre éléments.

La solidité est l’élément terre, la fluidité est l’élément eau, la chaleur est l’élément feu et le mouvement est l’élément air.

Il y a une méditation sur les quatre éléments pour nous aider à comprendre que nous sommes « composés »,- et je l’ai changée et adaptée dans ce texte.

Quatre éléments

Dans ce que j'appelle « moi »

quand la part qui appartient à la terre

reviendra à la terre,

qu'elle enfouisse aussi

toutes mes pensées tristes,

et mon découragement;

qu'elle me donne sa force.

Dans ce que j'appelle « moi »,

quand la part qui appartient à l'eau

retournera vers l'eau,

qu'elle lave ma soif,

mon avidité

pour tout ce qui brille,

mon regard qui toujours cherche;

qu'elle me donne sa fraîcheur.

Dans ce que j'appelle « moi »,

quand la part qui appartient à l'air

retournera à l'air,

qu'il m'emporte des ténèbres

vers la joie,

de la douleur

à l'infini du silence;

qu'il me donne sa légèreté .


Dans ce que j'appelle « moi »,

quand la part qui appartient au feu

retournera au feu,

qu'il purifie la colère qui ronge,

le cri qui dévore,

la tristesse qui enferme;

qu'il me donne la délivrance.

Alors,

cette promeneuse de corps en corps,

cette vagabonde d'utérus en utérus,

de vie en vie,

en une errance sans fin-

pourra enfin

poser ce sac de peau

et entrer

dans la lumière.







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