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Un instant pour la beauté du monde

Thich Nhat Hanh nous dit : « Nous sommes composés d'abord de tout ce qui n'est pas « nous » : nous sommes l'air que nous respirons, tous les aliments que nous mangeons, les gènes que nous ont légués des milliers d'ancêtres...Nous sommes toute l'histoire de l' évolution, et la somme de tous les rapports humains que nous avons vécus...Cela forme certes un être unique, absolument précieux, mais complètement en rapport, en « inter-être » avec tout le reste de l'univers »


Nous venons souvent à la méditation par un sentiment de difficultés, de blocage dans notre vie devant les vieilles habitudes compulsives qui nous entrainent encore et encore. Et méditer nous fait découvrir l’immensité, et ce que Trungpa Rimpoche apelait : "notre bonne santé fondamentale". Mais, nous nne pouvons pas en rester là, ce serait nous enfermer encore, en changeant seulement notre espace intérieur.

Nous sommes composés de ce qui n’est pas nous...Nous traversons une crise spirituelle lorsque nous prenons conscience de notre enfermement et des causes de notre souffrance - et aujourd’hui nous avons reporté cette crise spirituelle sur le monde, sur tout ce qui nous entoure. Nous ne pouvons pas tourner le dos, et faire de notre coussin de méditation un faux refuge ! Grâce à la méditation, nous comprenons que cette séparation qui semble si solide entre "intérieur" et "extérieur" n'existe pas. Suzuki Roshi disait que nous sommes comme une porte battante entre les deux.

Nous travaillons sur notre avidté, notre colère, et lorsque nous voyons les conséquences de ces Poisons, et de notre ignorance, nous devons mettre cette compréhension en actes!


Pendant zazen nous gardons une attention légère sur notre respiration; alors souvenons-nous de cette phrase écrite récemment par n célèbre astro- physicien:

« Le simple fait de respirer nous relie à tous les êtres qui ont vécu sur le globe. ... »


"Comment avons-nous pu oublier cela ?" demande D. Loy, enseignant bouddhiste. "Comment nous, êtres humains pouvons-nous croire que le monde est là pour que nous nous servions, pour que nous lui arrachions ses trésors, pour que nous le salissions, pour que nous l’utilisions,Comment avons-nous oublier que nous sommes une partie du mon de, vivant grâce au monde, protégé par le monde ?


Je pense que le problème environnemental n’est pas seulement une crise écologique mais une crise spirituelle. Le problème n’est pas l’environnement, mais il est nous-mêmes, êtres humains, qui pensons que la terre et nous sommes deux entités séparés, et que nous pouvons satisfaire tous nos désirs d’argent, d’objets, de popularité ou de sexe – sans nous préoccuper des conséquences de ces désirs. Reconnaître que nous sommes reliés, reliés aux autres êtres, reliés à la nature, reliés à tout ce qui existe est le premier pas pour retrouver une connexion que nous avons perdue, connexion avec le plus profond de nous -même, et connexion avec la terre. Alors seulement nous pourrons faire face aux changements nécessaires."


Le Bouddha a dit que nous pouvons dans cette vie non seulement être heureux mais aussi aider toutes les personnes à atteindre le bonheur en mettant fin à ce qu’il a appelé les Trois Poisons : la colère, l’avidité et l’ignorance. Ce sont des poisons car ils obscurcissent notre esprit et nous poussent vers de mauvaises décisions, de mauvais comportements – « mauvais » parce qu’ils apportent du mal-être de de la souffrance. Ils naissent d’une vue fausse de nous et du monde.


Ce que nous disent les enseignements du Bouddha : nous sommes reliés, nous n’existons pas seuls mais à l’intérieur d’un immense univers où tout est relié à tout – mais nous fermons les yeux et nous nous replions sur nous mêmes, pour satisfaire nos désirs.

Notre vue fausse du monde : faire passer « moi » d’abord comme si j’étais détaché du reste du monde,

Crise spirituelle : retrouver le contentement- pouvoir dire «  assez », être simple- comprendre les mécanismes qui nous poussent à l’accumulation au détriment du monde végétal, animal mais aussi au détriment d’autres êtres humains.


D. Loy: " Ainsi que l'écrivait E.F.Schumacher dans «Small is Beautiful»: « Le présupposé de l'économie moderne: on vit mieux lorsque l'on consomme plus paraît à un bouddhiste le comble de l'irrationnel. Le plus raisonnable et le plus agréable étant d'obtenir un maximum de bien-être avec un minimum de consommation.»


Notre reconnaissance de l'interdépendance nous aidera à ne plus confondre «ma» satisfaction avec «le plus important», ni le court terme avec les exigences du long terme. Lorsque je réalise l'inter-être, le non-duel, alors la pollution de l'air, de l'océan, des rivières est la pollution de mon propre corps, celui-ci étant dans un échange continu avec l'extérieur, avec l'air, avec l'eau...Idée curieuse pour nous occidentaux, mais qui nous aide à prendre conscience à la fois de notre importance et de notre fragilité.

Pourrons-nous faire en sorte de travailler ensemble à l’avenir de notre planète en quittant notre place d’humain dominateur pour nous remettre dans la grande toile de l’évolution et inventer de nouvelles joies ?

Tout ce qui nous a vu apparaître et nous accompagne, tout ce qui change plus vite ou plus lentement que nous : est-ce qu’il n’y a pas là une chance merveilleuse, une immensité lumineuse dans laquelle nous devons retrouver notre place ? Donc le bouddhisme nous invite à une transformation radicale de notre compréhension de nous mêmes et du monde et cela peut nous faire peur…

Lorsque nous nous ouvrons à la richesse et à la diversité de la vie, notre coeur aussi s’ouvre, et nous devenons un avec tout ce qui nous entoure, sans effort, et nous comprenons combien cette vie, la notre, celle des dauphins, des araignées et des papillons est précieuse, et celle des plantes, des arbres – et même celle des montagnes et de l’océan, tout ce qui nous a précédé depuis des centaines de milliers d’années.. "


Intérieur/extérieur: prenons soin de l'immensité et de la beauté...




 
 
 

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