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Ralentir est un art et une pratique !( avec exercices pratiques)

«  On a plus de temps lorsqu’on ralentit ! »

Aujourd'hui, j'aimerais parler de « ralentir », parce qu'on le sait, tout s'accélère ; il semblerait que le temps lui-même s'accélère...En tout cas, il se réduit ou on ne le trouve plus, et nous sommes toujours en train de courir d'un bout à l'autre, d'être en retard, de ne pas avoir fait tout ce qu'on comptait faire, etc.

Et on court, voilà, on court avec notre corps, on court dans notre tête, on court dans notre esprit. J’aimerais en parler à partir d ‘un autre angle : la présence à soi même. J’ai retrouvé un texte que j'ai déjà proposé il y a quelques années mais j’ai pensé que ça ne va pas mieux vraiment, ça ne s'arrange pas du tout et donc je voudrais re-proposer ce texte avec, pour ceux que cela intéressent, des exercices pratiques.


«  La plupart des gens, le plus souvent, bougent plus vite que nécessaire. Je ne parle pas de courir pour attraper le bus, mais bien de cette façon de fonctionner avec un impératif interne, un système nerveux agité et un esprit hyperactif qui nous fait pianoter sur la table en attendant notre café, jouer avec notre téléphone sans en avoir besoin, presser le pas par simple habitude. Ces mouvements sont générateurs de stress mais nous remplissent :« J’ai tant à faire », soupirons-nous, comme si nous voudrions qu’il en soit autrement.

Mais restons-nous assis là, nous abandonnant au vide dès que nous avons un instant ? Bien sûr que non : nous nous dépêchons de remplir ce temps !


Ralentir est un art et une pratique

Lorsque nous avons emménagé dans notre centre de méditation, il n’y avait rien. Pas de portes, pas de planchers, ni de plafonds. Nous nous sommes attelés à rénover le lieu, Au cours de ces premières semaines, je me suis souvent retrouvé à monter quatre à quatre les volées de marches. Mon esprit était déjà tout en haut, obnubilé par ce que j’avais à y faire, et mon corps courait derrière lui.

Lorsque je m’en suis aperçu, je me suis fixé pour pratique de ralentir. Pas qu’il ne me soit plus jamais arrivé de monter l’escalier en courant, mais je m’attachais à ne pas laisser mon esprit prendre l’avance sur mon corps.


Cette pratique de la présence a complètement changé mes journées. Mon corps s’est un peu détendu, mais surtout, mon esprit a ralenti. La relation que j’entretenais avec le mouvement et l’action a changé. Je me suis senti plus spacieux, moins précipité. J’ai découvert une vérité mystérieuse et contre-intuitive : on a plus de temps lorsqu’on ralentit. Car le temps est subjectif. La précipitation renforce la pression du temps. Vous vous sentez écrasé, bousculé. Ralentir apporte de l’aisance, de la douceur et de la détente. Avant d’y prêter attention, ( Sati, l’attention, tout est là!) on ne se rend souvent pas compte que l’on court. Même le thé, nous essayons de le faire rapidement, comme s’il était possible de faire bouillir l’eau plus vite.

Il peut y avoir une bonne raison de faire quelque chose rapidement, il n’y a jamais de bonne raison d’agir dans la précipitation.


Réflexion proposée par l’auteur ( et par moi!)

Regardez comment vous montez l’escalier. Préparez le thé. Vous lavez les dents. Vous habillez. Faites la vaisselle. Ou les courses.

Soyez à l’affût de cet impératif intérieur qui vous fait vous sentir occupé.

Celui-ci réduit votre sens de vous-même à un agent appelé moi qui vous pousse dans une perpétuelle fuite en avant, qui est focalisé sur ce que je fais et où je vais. Que se passe-t-il si vous vous adoucissez et ralentissez, même un peu ? Sentez comment cela modifie votre expérience. Votre sens de vous-même. Votre capacité à vous sentir à l’aise en cet instant.

Martin Aylward Vipassana (Tricycle, 5 janvier 2022) Trad. Françoise


Plutôt que « ralentir » il s’agit de « présence » - la présence est toujours présence à soi et au monde- ce qu’il décrit nous montre comment nous sommes enfermés dans notre esprit

dans les temples zen : toujours rapides mais présents ! Ex repas, la préparation en cuisine.. Un art- c’est-à-dire quelque chose à raffiner, à reprendre, à travailler sans cesse.  Lorsque corps et esprit sont un, juste « ici et maintenant » sans fermeture à soi ni au monde.


Alors on en revient on revient à « sati » traduit soit par « attention » comme ici, prêter attention à : est-ce que je suis en train de courir sans raison ? mais je préfère « présence » : : où êtes-vous, plus exactement où est votre esprit… ?

Regardez.. !

Moi par ex, quand j’ai fini Youtube, je range ici, je prends mon ordinateur et je suis déjà arrivée dans ma tête dans mon bureau.. Challenge : passer de la salle de méditation au couloir, puis au bureau en étant corps et esprit là où je suis… !

Donc devoirs de printemps : se poser la question : où suis-je ? Le corps ? Et la tête ?! Un ou deux...dans cette pièce ou une autre...à ce moment ci ou à plus tôt ou plus tard…et de temps , comme au jeu un, deux, trois, soleil ! Se dire Stop ! ..et se regarder !


Pour terminer : ce qui se passe quand on est carrément sans rien faire :

Sébastien Bohler : ralentir, une volonté du cerveau


« Ralentir peut paraître désagréable. Il y a sûrement une "rééducation de l’existence" à opérer. Et si on se mettait à ne rien faire ? En fonction des personnalités, certaines personnes y trouveront plus de facilité, tandis que d’autres moins. Parce que ralentir, c’est le risque de se retrouver face à soi-même.

Ralentir ; c’est le réseau neuronal de mode par défaut, un ensemble d’aires cérébrales qui s’activent... quand on ne fait rien. C’est ce réseau neuronal qui nous permet de rêvasser, de vagabonder mentalement. Il est indispensable pour se sentir exister en tant que soi à la première personne. Quand on est tout le temps accaparé par des tâches du quotidien, nous empêchons ce réseau de s’éveiller. »


Eveillons nous à notre être et au monde, en ralentissant ce wek end...ou en ne faisant rien et en restant avec nous -même...comme zazen en quelque sorte...





 
 
 

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