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  • Joshin Sensei

Sur le texte de D. Loy « Healing Ecology »: Se guérir et guérir la terre.


Il me semble que ce que disent les Enseignements, c’est que nous pouvons- nous avons à -


changer : un changement complet de nous-même : tourner notre regard vers l’intérieur et


dépasser l’illusion du moi.


Non pas qu’il n’« existe » pas, mais il n’est pas le « moi » solide, permanent, séparé des autres et du monde auquel nous croyons.

Sortir de cette illusion, c’est sortir de la première ignorance : l’illusion de la séparation.

Dans le zen nous disons que lorsque nous découvrons notre moi véritable, les 3 Poisons disparaissent. Nous sommes guéris de notre insatisfaction ou de notre souffrance, de notre mal-être dû à nos actions.

En effet, nous essayons tout au long de notre vie, des degrés divers, de surmonter cette séparation, de combler notre manque en nous emplissant toujours davantage : consommation de biens divers, d’amis sur réseaux sociaux et cetera. Lorsque nous regardons du monde actuellement, la catastrophe climatique et tout ce que cela entraîne, nous voyons que l’origine en est ce désir d’avoir, d’avoir toujours plus et peu importe le prix.

Ceci découle des Enseignements du Bouddha, et c’est la première partie du texte de David Loy, “ Healing Ecology” “ Se guérir et guérir le monde”.


Un texte assez long, complexe, dont j’ai enregistré la traduction dans deux videos, que vous trouverez sur Youtube.

Parce que si la première partie, qui reprend les Enseignements en montrant comment ils s’appliquent aussi au monde d'aujourd'hui nous est assez familière, ce qui suit dans le texte m'a ouvert des horizons inattendus et nous demande d’être prêt à lâcher nos présupposés, à changer nos opinions et nos façons de voir - mais je trouve que ça en vaut la peine!

Au départ de son texte il y a 2 citations:


- M° Dogen : « J’en suis venu à réaliser clairement que le coeur-esprit n’est autre que les montagnes et les rivières, et la grande terre, et le soleil, la lune et les étoiles »

-

Thich Nhat Hanh :« Nous sommes ici pour nous éveiller de notre illusion de la séparation ».

Il y a un moi individuel nous l'avons vu mais nous faisons aussi partie d'un certain nombre d'autres “moi collectif” par exemple homme/ femme, habitants des villes /habitants des campagnes, français /étranger et cetera qui suivent le même schéma perpétuant des séparations

Mais il va plus loin en considérant le plus grand moi collectif dont nous faisons partie c'est à dire le moi de notre espèce Homo sapiens sapiens.

D.Loy dit que ce grand moi collectif que nous avons créé - surtout dans notre culture occidentale- nous pose comme une espèce différente des autres, supérieure aux autres, coupée du monde de la nature puisque opposant toujours culture et nature.

Ceci n'est pas le cas dans toutes les cultures comme le montre l'anthropologue Descola, mais c'est spécialement vrai de la culture occidentale. ( je ne veux pas dire que tout est à jeter dans notre culture mais il est vrai qu'elle s'est formée sur une opposition et une séparation.) alors que nous pouvons voir que nous sommes partie intégrante de la nature, rien ne peut être séparé entre nous et la terre, ou comme il le dit la biosphère.




Mais les mêmes causes créent les mêmes effets : notre séparation en tant qu’homo sapiens sapiens d' avec le monde entraine une avidité qui ne peut être comblée, une insatisfaction cherchant toujours plus : plus de puissance, plus de biens, plus de technologie.

J'ai entendu récemment un exemple qui peut sembler une petite chose mais qui résume bien le fonctionnement d'une avidité sans fin et d'une incompréhension de du fonctionnement de cette biosphère. ATACAMA: vouloir que le désert fleurisse tous les ans...

En fait nous arrachons à cette nature qui nous semble étrangère, séparée de nous, tout ce que nous pouvons pour nous satisfaire et, non seulement nous détruisons cette nature, cette biosphère, mais nous n'arrivons pas à être satisfait.

Donc nous pouvons voir le parallèle entre notre fonctionnement en tant que moi individuel et notre fonctionnement en tant que moi espèce et c'est là le point d'une partie du texte de David Loy.

Il termine cette partie en faisant une suggestion qui est une suggestion de bon sens mais je crois complètement inaudible pour nous :

au lieu de partir de nos désirs et de voir comment ce que nous appelons « extérieur » va pouvoir les combler, encore une fois quel qu'en soit le prix, nous devrons partir de ce qui est possible et adapter nos désirs à ce possible; on croirait entendre un vieux Romain qui nous dit que c'est nous qui devons nous adapter au monde et non pas chercher à tout prix à adapter le monde à nous-mêmes ! parce que nous en voyons aujourd'hui les résultats.

Bien sûr on ne peut pas imaginer aucun candidat à la présidence proposer une chose pareille nous allons sans doute continuer de Cop en Cop avec des engagements beaucoup trop éloignés et peu suivis !!

Ce que dit Loy c’est que pour nous guérir de notre propre avidité et guérir le monde des malheurs que cette avidité a entraîné, il faut plus qu'un changement personnel, comme trier ses poubelles, ne pas prendre sa voiture, tout ça c'est parfait, mais insuffisant; il faut plus qu'un changement technologique même si la technologie continue à être utile, par exemple faire de meilleurs panneaux solaires et cetera,


Mais le véritable changement, la véritable façon de ne plus abîmer la biosphère, et de la guérir, exactement comme l'illumination guérit des 3 Poisons notre moi individuel, notre moi collectif Homo sapiens sapiens doit parvenir à une illumination qui va le guérir lui-même et guérir la terre.

Ainsi le résume Thich Nhat Hanh:

« Le Bouddha a atteint l'Eveil individuel; nous avons maintenant besoin d'une Illumination collective pour mettre fin à notre course à la destruction ».

Enfin David Loy conclut avec une partie qui s'appelle “Evolution? ” Alors si déjà la partie précédente nous bouscule un petit peu, là vraiment il renverse complètement notre point de vue, notre façon de voir le monde !

Je ne vais pas en parler, d'abord parce que j'ai parlé beaucoup et puis parce qu’il faut suivre le fil de son raisonnement et c'est pour ça que j'ai enregistré les vidéos.

Je vais juste dire que ce qui m'a frappé : c'est que j'ai trouvé récemment une phrase d'Edgar Morin qui s’en rapproche : il dit la nature a besoin de nos émotions poétiques en face des couchers de soleil, des grand arbres et, d’un vol d’oies sauvages….

« Peut -être, dit Loy, comme le Bouddha levant les yeux vers le ciel au matin de l'Eveil et voyant l'étoile du berger, nous saurons voir le cosmos comme nous-même, et lorsque nous nous éveillerons, c'est le monde entier qui s'éveillera à travers nous. »

Commentaires/traduction: Joshin Sensei




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