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  • Photo du rédacteurJoshin Sensei

L’attention à la respiration - L'Essence du zen Harada Roshi


Je pense que c'est un texte très clair et je n'ai pas grand chose à ajouter, sinon reprendre, peut-être expliquer et reprendre quelques termes.

Personnellement je n'aime pas trop le terme « concentrer » parce que je pense qu’il implique une idée de fermeture .

Quand on est concentré sur quelque chose, on perd de vue tout le reste de ce qui nous entoure. Or on a vu dans le texte, il y a quelques samedis, que Harada Roshi nous disait, il ne s'agit pas de fermer les 6 sens, donc de fermer nos perceptions, mais il s'agit de laisser passer en quelque sorte à travers nous, sans y ajouter quelque chose.

Pour moi, l'expression que je préfère pour la respiration, c'est garder une attention légère et le mot clé, c'est « légère » . Gardez une attention légère sur sa respiration, ainsi on ne s'enferme pas dans sa respiration, pas plus qu'on s'enferme dans j’ai mal aux genoux » ou « quand est-ce que ça s'arrête ».


Respiration naturelle… pas de respiration spéciale. M° Dogen dit dans Instructions pour zazen : « Respirez tranquillement à travers les narines » . Naturel parce que zazen c’est revenir à notre état naturel ;parce que « zazen » ce n’est pas que la forme assise, à n’importe quel moment de la journée, quoique nous fassions, nous poursuivons zazen : un avec toute chose…


Par contre oui, garder une attention légère, ça veut dire sentir le mouvement très léger du corps quand on inspire, quand on expire et à ce moment-là, petit à petit et c'est la même chose que le texte sur les perceptions, petit à petit, nous allons tellement « être dedans » qu'il n'y aura plus d'espace ; Harada Roshi parle souvent de cet espace entre nous et les choses. Il dit ici « si vous êtes conscient de ce samadhi, cela veut dire que le « vous » qui est conscient est toujours en -dehors de ce samadhi. » Etre conscient de qqc, cela signifie que nous sommes au dehors de ce qqc, que nous le regardons en en étant détaché.

Mais lorsqu'il n'y a plus d'espace entre nous et la respiration, à ce moment-là, c'est effectivement être un sans avoir conscience de ce un. C'est pourquoi le mot « concentrer » m'ennuie, parce que si on est trop concentré, on risque de rester dans sa respiration, c’est pourquoi il est important aussi de respirer tranquillement à travers les narines ! Sinon ne va pas laisser à la respiration cette possibilité, comment dire, de passer à travers nous alors qu’en même temps, nous en sommes conscient. Tout comme on a dit qu'on était conscient de ce qu'on voyait autour, de ce qu'on entendait, de nos pensées, etc, on va être conscient de la respiration, mais petit à petit, comment dire, ça va se mêler, je ne sais pas comment dire, entre nous et notre respiration.


Ça veut dire que dans le respir, il n'y aura plus que le respir et et c'est au moment où, j'aime bien son expression, quand il dit « on va mouliner » donc à force d'avoir prêté cette attention légère, petit à petit, nous allons tellement entrer dedans qu'il n'y aura plus d'espace entre nous et la respiration. C’est ce qu’il appelle être intime avec son vrai Soi,

lorsqu’ il n’y a pas d’espace entre nous et nous, et entre nous et tout ce qui nous entoure.

Il dit, tiens, voilà le paradoxe du jour, il dit, à ce moment-là, vous n'aurez plus conscience de votre respiration, mais ce « plus conscience » ne sera pas le même « plus conscience » que celui de a personne qui n'a jamais prêté cette attention légère à sa respiration.

C'est un petit peu l'histoire, vous savez qui illustre vraiment beaucoup de choses dans le zen. D'abord les montagnes sont les montagnes et les rivières sont les rivières . Ça, c'est notre façon de faire à tous : on respire, et on sait pas qu'on respire, mais on respire.


Puis les montagnes ne sont plus les montagnes et les rivières ne sont plus les rivières : à ce moment-là, on prend conscience de notre respiration,et on y prête donc une attention de façon légère.


Et les montagnes sont les montagnes et les rivières sont les rivières, mais le trajet, ce cercle qu'on a fait en quelque sorte entre-temps fait que même si les mots disent la même chose, ce qui existe à ce moment-là est complètement différent : nous sommes un avec les montagnes, avec les rivières, nous sommes un – sans espace- avec la respiration et avec tout l'univers.




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