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  • Photo du rédacteurJoshin Sensei

Huttes d’herbe et liberté




Presque, enfin une sorte de suite à la hutte au toit d’herbe...Et puis un hommage au haïku, alors bien sûr, à Bashô, le grand rénovateur du 17 ème- ou plutôt le libérateur ! -du haïku.

Et un hommage à Buson, peintre joyeux et Maître de haïku- mais non, « Maître » ne lui convient pas , pour lui aussi le haiku c’est la contemplation et la liberté…

Parce que j’ai relu ce livre : « Le parfum de la lune »

« Au pied du Mont Hiei, il y a un temple zen, le Kompuku-ji. Les gens l’appellent le Temple de la Hutte de Bashô.

Près d'un escalier d'une vingtaine de marches par lequel on accède au sentier qui gravit le mont Hiei, il y a une butte connue comme étant l'emplacement de la Hutte de Bashô. Dans cet endroit recouvert d'une mousse verte recelant des traces de pas d'il y a 100 ans règne la quiétude et la sérénité. On a l'impression que dans la forêt sombre de bambou traîne encore la fumée de la bouilloire à thé du maître

L'eau coule, les nuages sont immobiles. Dans les arbres antiques, les oiseaux dorment. Devant ce spectacle monte la nostalgie de jadis. L'endroit n'est pas très éloigné du centre de la capitale, de la lutte pour le renom et le profit, pourtant le paysage exclut complètement la poussière de la ville. Des poules et des chiens s'interpellent de l'autre côté de la clôture en bambou. Un sentier de bûcherons et de bouviers passe devant le portail. Tout près il y a une petite cabane où l'on peut acheter des patés de soja et un peu plus loin une échoppe qui vend du saké. Il est commode de s'y approvisionner pour quiconque vient passer ici une demi-journée afin de jouir de la quiétude.

Quand et pourquoi a-t-on commence à l'appeler la Hutte de Bashô ? Chaque fois que j'ai interrogé soit un garçon coupant les roseaux ou une femme battant le blé, ils ont pointé le doigt vers cette butte en disant que le nom devait être ancien, mais qu'ils ignoraient pourquoi on l'appelait ainsi.

J'ai fini un jour par apprendre qu'autrefois vivait dans le temple un moine nommé Tesshu qui avait construit là une hutte d’herbe où il menait une vie humble faisant lui-même sa cuisine et sa lessive. Auprès des éventuels visiteurs, il s'excusait de ne pas sortir et restait caché à l'intérieur. Lorsqu'il lisait les poèmes du vieux maître Bashô, ému aux larmes, il comprenait combien est précieux cet état où, détaché du monde de poussière, on parvient à l'éveil. (…) Buson

Buson lui même aspire à cet état, mais sa vie fut bien différente: « A parcourir les avenues de la gloire et du profit, à me noyer dans l'océan du désir, je me suis tourmenté et j’ai épuisé ma vie. Il va sans dire que les choses sont particulièrement tumultueuses le dernier jour de l'année, quand les gens s'affairent en tous sens et discutent à tout propos. Une agitation dérangeante. Mais comment un être comme moi pourrait-il échapper aux manières poussiéreuses de ce monde ?

Assis dans un coin, je récite en moi-même ce haiku du Maître ( Bashô):

l'année touche à sa fin

je porte toujours

mon chapeau de bambou et mes sandales de paille.


Alors mon esprit soudain devient clair. Mener une vie semblable est une inépuisable vertu et ce poème recèle le grand repos de l'éveil. Maître Bashô parti, il n'y a plus personne pour nous dire que l'année se termine et qu'une nouvelle année va commencer:

Depuis que Bashô

nous a quitté

l'année n'a pas encore touché à sa fin

( Buson) »



À l'aube du vingt-quatrième jour du 12e mois de 1783, à l'âge de 67 ans, comme dans un sommeil paisible, c’est terminé le séjour de Buson dans ce monde flottant.

Il est inhumé dans le petit cimetière du temple à quelques pas de la Hutte de Bashô, à côté de la stèle érigée à la mémoire du vieux maître.

« Un moment

moi aussi auprès de sa stèle

au milieu des graminées* flétries. »

Buson

* fétuques

Texte complet… Le parfum de la lune ed. Moundarren

L’histoire de quelques huttes d’herbe, et un hommage à la liberté-

Liberté de créer, d’écrire, de partager tous ce moments de notre vie , quand on voit ce qui ne compte pas, quand nos yeux et tous nos sens sont vivants, quand nous voyons avec un esprit clair la merveille du monde…

Quand nous portons notre chapeau de bambou et nos sandales de paille…Prêt à partir, prêt à s'émerveiller, prêt à vivre...

Et que nous avançons, à travers pluie et soleil..


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