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  • Photo du rédacteurJoshin Sensei

Exister paisiblement dans le monde, maintenant

Tout d'abord, suite du texte:Il n’y a pas d’enseignant du zen !


Dans une tradition réputée pour ses paradoxes, le plus grand paradoxe du zen est le suivant : Les enseignants du zen n'ont rien à enseigner.


Bodhidharma, qui aurait apporté le zen de l'Inde à la Chine, a reconnu cette apparente contradiction. Il a déclaré qu'il n'avait qu'une seule chose à enseigner : que votre propre esprit est Bouddha. L'Illumination ne signifie rien d'autre que l'abandon du désir de toute autre chose que l'esprit qui se trouve ici et maintenant.

Pourtant, Bodhidharma a également déclaré : "Si vous ne trouvez pas rapidement un Maître, vous vivrez cette vie en vain. C'est vrai, vous avez une nature de bouddha. Mais sans l'aide d'un Maître, vous ne le saurez jamais. Seule une personne sur un million devient éveillée sans l'aide d'un enseignant." https://www.lionsroar.com/author/hokuto-daniel-diffin/


Commentaires sur le texte d'Harada Roshi, l'Essence du zen p.19-20

Toutes choses sont éphèmères

Ce qui fait que nous nous sentons sans cesse séparés des choses, que nous ne vivons qu’à travers cet ego dont nous ne connaissons pas la vraie nature, je dirais que c’est l’impression que nous avons, avec laquelle nous vivons :

on regarde d’un côté : il y a ma vie, moi, mon corps, ma vie, etc., tout ce que l’on met dans ce mot-là.

Et ici, de l’autre côté, il y a l’impermanence et par moments, ils se rencontrent et parfois ça crée qqc positif mais c’est plutôt rare, plus souvent un gros problème, une souffrance, une perte…


Je pense qu’on voit les choses comme ça mais c’est complètement faux. Là aussi, c’est de l’ignorance complète à mon avis, parce que vie et impermanence, ce n’est qu’une seule chose.

C’est « moi » qui essaye sans cesse de découper entre les deux comme ça pour avoir quelque chose de séparé, donc de stable: moi, ma vie, etc., mais petit à petit, on arrive à voir clairement que ce que l’on appelle, moi, ma vie, c’est de l’impermanence- on peut dire bouddha-dharma ou véritable Soi..M° Dogen dit que l’impermanence EST la Nature de Bouddha .


Le problème est qu’on ne peut pas laisser rentrer la réalisation de l’impermanence- du véritable Soi, aussi longtemps que l’on a la croyance de la permanence, de notre ego.

Je trouve que c’était vraiment une idée formidable, si je peux me permettre de l’approuver ; ce que nous, nous appelons « vie », Maître Dôgen l’appelle naissance-et-mort.


Quand on met « vie », on pose quelque chose de stable, on pose quelque chose d’une permanence, on pose quelque chose de solide. Bien sûr, on sait bien que ça ne l’est pas. On voit bien sans arrêt que ça ne l’est pas. Mais on essaye de se raccrocher en tout cas, à une chose stable et solide.


Maître Dôgen en appelant ça naissance-et-mort, nous rappelle que c’est un mouvement, que c’est un flux, quelque chose en devenir, quelque chose qui n’a pas d’endroit où on peut le poser. On fait ça tout le temps, essayer de poser notre vie ! C’est la séparation d’avec les choses.

Et surtout « naissance-et-mort » existe pour toutes choses, matérielles et immatérielles : M° Dogen dit : » Le monde vit et meurt avec nous à chaque instant »


Bien sûr, « ma vie », c’est l’illusion complète, juste une version de notre esprit, une version de notre mémoire, tout ça c’est l’illusion complète mais le problème de cette illusion, c’est quelle renforce notre côté « je crois à la permanence ».


C’était Jôkô Beck qui dit dans un de ses livres : « Il faut que vous lâchiez votre biographie et ça, c’est vraiment difficile ». On va essayer de construire « J’ai existé », « J’ai été ». On va construire un moi à travers cette biographie. On va construire une existence, on va construire une trace.


Le « moi » , comme dit Harada Roshi, ne cesse d’intervenir. Et lorsque le moi ne cesse d’intervenir, il est impossible de vivre librement : parce que nous projetons nos attentes, nos désirs, notre impatience, etc, : nous ne sommes pas libres de nous-même !


Il faut nous libérer de nos pensées sur « moi », « la vie », il n’y a pas, dit Harada Roshi, de « condition fixe, déterminée, pour une quelconque période de temps ».

« Toutes les choses sont éphémères : tout change constamment, il n’y a pas de centre »…


Il ajoute plus loin : « La vie d’une personne qui a réalisé le vrai dharma est une vie où il n’y a pas de réalité ; il s’agit d’exister paisiblement dans le monde, maintenant ».

Ref:

L’essence du Zen p 19-20







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