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  • Photo du rédacteurJoshin Sensei

Cette grande lumière de nos vies




Donc évidemment le mot clé dans ce texte, c'est « dharma » et la phrase clé : «  Le dharma englobe tout l'univers » autrement dit : tout l'univers est dharma...


Je vais revenir sur ce mot, mais d'abord je vais commencer par la fin, ce qu’il dit de la transmission :

Première transmission d'Inde vers la Chine avec Bodhidharma, puis vers le Japon avec M° Dogen, et maintenant vers l'Occident, à travers différents maîtres.

Ce qui veut dire que les différences de culture, de traditions se situent au niveau des phénomènes, on va dire, mais que le dharma englobe tout, quelle que soit la forme dans laquelle il est présenté. Ce qui importe, c'est de présenter le véritable dharma et à ce moment-là, plutôt que le doigt montrant la lune, ça veut dire présenter la lune elle-même.


Donc dharma avec un petit d non pas avec un D majuscule : «  ce n'est pas un enseignement né de la pensée d'un homme qui s’appelait Shakyamuni, mais c’est « tout l'univers ».


Si on accepte ce point de départ, le dharma englobe tout l'univers, comme il nous est dit, on comprend bien qu’il est déjà là, par conséquent, ce n'est pas quelque chose que nous avons à rejoindre ou même que nous pourrions rejoindre en utilisant zazen puisque nous sommes englobés, et notre zazen aussi, dans ce « tout l’univers ».

Ca je trouve que c’est difficile, parce qu’on a l’habitude de regarder tout comme si on était à l’extérieur, d’une sorte de point de vue détaché ; ce n’est pas facile de prendre conscience de cette attitude automatique. Il semble que nous nous voyons toujours comme : «  Le point fixe d’un univers en mouvement » ( T.S.Eliot).


Mais comment comprendre ce que serait ce dharma équivalent à l’univers- qui inclurait « tout », vous et moi compris?


Je ne crois pas que ce soit quelque chose qu'on peut comprendre intellectuellement, mais peut-être qu'il nous faut revenir à la notion de « vide » dont on a parlé l'autre fois ; à ce moment-là « dharma », ce serait l'équivalent donc de « vide » au sens de non-rempli par notre moi, non-séparation, ce serait l'équivalent de Nature de Bouddha, et ce serait l'équivalent de véritable Soi.


Alors parce que je trouve ça difficile à comprendre et difficile à expliquer, je fais un détour par un texte de Maître Dogen qui est de mes textes préférés de M° Dogen qui s'appelle : « La lumière merveilleuse des Bouddhas. »


En japonais, c’est Myoho.妙 法


Ho, c'est Dharma; et Myo, 妙, c’est un mot très complexe, qu’on traduit par « merveilleux » au sens le plus fort, c’est-à-dire indicible, au-delà des phénomènes, au-delà de nos représentations, mystérieux, mais aussi véritable- tout comme on a parlé du soi véritable.(...)

Uchiyama Roshi dit que : « Nous pensons notre vie comme «  à nous », alors qu'en fait elle ne peut pas être séparée de l'univers.

Ce monde crée par nous est notre illusion, notre ignorance mais aussi une manifestation de la réalité. Ce monde de séparation n'est pas « myoho », le dharma merveilleux, inconcevable, même si Myoho inclut cette création humaine. »


 M° Dogen :

La lumière merveilleuse des Bouddhas

emplit tout l'univers : tout est Bouddha.

Cette lumière merveilleuse se trouve

dans chaque brin d'herbe - elle harmonise

les racines et les fleurs -

le monde entier en est empli.

Pratique et Eveil sont une forme

de la lumière merveilleuse.


La fumée, le brouillard, l'eau

les pierres, les oiseaux, la Voie de l’Éveil,

tout cela : formes changeantes

de la lumière merveilleuse.


Formes changeantes de l’univers : les arbres, les fleurs, les montagnes, nous, l’univers lui-même…Rien n’est pareil d’un jour à l’autre, d’un instant à l’autre, ni le brin d’herbe, ni moi, ni le monde. Nous ne sommes que changement !


La Voie du Bouddha, Myoho, parfois on la voit, on avance, et d’un coup, on n’y comprend plus rien, on est dans l’obscurité, et puis on découvre un brin d’herbe ou un paysage sans limites, paysage de montagnes ou paysage de notre propre coeur, et on se met à embrasser ce changement : si je me vois en forme changeante de la lumière merveilleuse des Bouddhas, je n’ai plus rien à faire que suivre ce flux, cette grande lumière qui est ma vie !




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