top of page
Rechercher
  • Photo du rédacteurJoshin Sensei

Aucun endroit où aller




« Qu'est-ce que l'Eveil ? C’est connaître son propre cœur. Il ne peut être atteint par l’entendement. Il a le caractère de l’espace. C'est la lumière du savoir sans discrimination. » Vairocana Soutra

Dès l'origine, le bouddhisme donne un nom à cette lumière qui imprègne l'univers entier, indifféremment de l'intérieur et de l'extérieur de l'homme. Ce nom est vairocana, terme sanskrit qui signifie resplendissant, grand soleil – (le Bouddha Vairocana, cet "illuminateur universel" tel que l’enseigne le texte bouddhique du Sutra de l’Ornementation fleurie, concentrant les qualités d’éveil communes à tous les bouddhas du passé, du présent et du futur et diffusant la lumière de ses connaissances dans la totalité des mondes. » Voir une très belle statue au musée Guimet!)


Dans sa traduction et commentaires de Komyo,* « La Lumière radieuse »- Charles Vacher dit : «  Le seul accès immédiat, le passage obligé au trésor de lumière est la pratique de soi. » Il ajoute : » Je choisis cette expression de préférence à « méditation », car ce dernier terme évoque par trop la vie intérieure au sens étroit... »

Il ( Vacher) poursuit : « Dans cette pratique de soi, qui est une pratique -absorption, la distinction entre sujet et objet de connaissance disparaît, sans laisser de trace. C’est une pratique, au-delà de tout discours, de la volonté, des jugements et de leur absence, dans laquelle l’activité discriminative de l’esprit a pris fin. »


(, je coupe un peu )Il poursuit en disant que le texte de M°Dogen « Cette lumière (Komyo) » parle en même temps de trois choses, qui nous, nous semblent différentes, mais que M° Dogen réunit dans la Lumière Merveilleuse :

 1) la lumière, c’est-à-dire l’éveil 2) l'univers en son entier, ciel, terres et mers, immense et infini, resplendissant au-delà du temps et de l’espace 3) le soi authentique du moine ( de chacun).


« L'univers en son entier » n'est pas une abstraction. C'est l'immensité intime au soi. Comme un immense miroir lumineux, le soi fait un tout avec tout l'univers indivis, sans distinguer le bon du mauvais.

Comme il n'y a pas deux soi distincts, l'un éveillé, l’autre non- éveillé, il (le soi dans cette immensité intime) est indifférent au penser ou non penser, il ne stagne ni dans la vacuité de l'absence de toute pensée, ni dans la distraction d'un flux de pensées.

Dans l'univers ainsi dévoilé, les phénomènes se présentent dans toute leur actualité, couleur, forme, etc., mais sont perçus en pleine lumière (Komyo), clairs, frais et limpides. 


C’est la réponse à une question qu'on pourrait en simplifiant dire ainsi : « L’éveil, c’est quoi ? »

C’est tellement vaste et étendu qu'il n'y a aucun autre endroit où aller. » fin Vacher


Moi j'ai été très frappée par cette réponse, cet éveil qui est la lumière, qui est l’univers, qui est le « moi »….parce qu’en fait j'ai l'impression qu'on essaye toujours de trouver un autre endroit où aller parce qu’un autre endroit, ça sera mieux ! Peut-être que quand on n’est pas dans la salle de méditation, on se dit que si on allait sur notre coussin de méditation, on se rapprocherait de l'Eveil; quand on est sur le coussin de méditation on se dit que si on était dehors, ce serait peut-être pas mal !

Je crois que dans nos têtes on a des tas de façons pour essayer de fuir le présent, que ce soit avec les livres, avec le téléphone, avec les pensées, etc., et puis finalement tout se résume là : il n'y a aucun autre endroit où aller !


Et un Maître dans le recueil chinois « La transmission de la Lampe  » dit qu’aucun des bouddhas et des patriarches ne peut « en » sortir ; aucun des six royaumes de transmigration ne peut « en » sortir - de cet espace tellement vaste et étendu qui s’appelle l’Eveil !


Donc en fait on est tous déjà là, on y est tous déjà ; il n’y a pas le moment où on va bondir en quelque sorte hors du Samsara pour arriver dans le Nirvana ; pas de Bouddhas qui seraient au-dessus ou à côté ou quelque part autour de nous. On ne peut pas en sortir, on est tous déjà là, il n'y a aucun endroit où aller ; il n’y a qu’à justement réaliser cela !

Pas à aller, mais à réaliser cette lumière radieuse, cette lumière merveilleuse.


Mais dans le recueil, un moine pas convaincu demande : « De quoi ne peuvent-ils pas sortir ? »

Le Maître dit : « Le jour, voir le soleil ; la nuit, voir les étoiles. »

Le moine répond : « Je ne comprends pas »

Et le maître dit : « Les grandes montagnes se succèdent bleu sur bleu... »


* C. Vacher « Komyo Cette lumière » éd.Encre Marine






64 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page