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  • Joshin Sensei

Être heureux...

Samedi Maha Ghosananda

J'ai parlé de la générosité nécessaire envers nous et envers les autres en ce moment et la parole bienveillante en est un exemple, pas facile à suivre, mais quand nous voyons la joie que nous pouvons ainsi apporter aux autres, nous devenons nous aussi plus tranquilles et plus joyeux.

Ce sont ces 2 thèmes, tout ce qui peut nous aider à passer cette période en nous enrichissant quand nous nous sentons parfois plutôt appauvris, dont j'aimerais parler.

Générosité donc, gratitude et paroles justes, bonheur au quotidien, voilà ce que je voudrais partager ces temps-ci, à la fois à travers des soutras ou des textes de maîtres mais aussi d'enseignants contemporains, en les commentant éventuellement..

Aujourd'hui j'ai choisi un texte qui résume tout cela c'est un texte de Maha Ghosanada, un moine et un enseignant cambodgien extraordinaire.

Son nom signifie « Celui qui proclame la grande joie » Il est devenu moine à l’adolescence, a étudié en Inde, et auprès d’un M° Japonais. Il était en Thaïlande auprès des Moines de la Forêt quand commença la prise de pouvoir des Khmers rouges et cette guerre terrible qui a tué plus de 2/3 des 60.000 moines et nonnes qu'il y avait au Cambodge.

Après avoir longuement travaillé dans les camps de réfugiés dans lesquels il distribuait le METTA Soutra, le Soutra de l’amour bienveillant, il revient au Cambodge pendant la guerre avec le Vietnam. Cela lui a valu son autre surnom de « Bouddha des champs de bataille » car il visite tous les endroits où se sont déroulés les combats, tous les endroits meurtris par la guerre.

il a activement travaillé pour la paix. Il a toujours prôné la non-violence, on l'a appelé aussi le Gandi cambodgien

Il a notamment entamé une série de marches pour la paix entre le Cambodge et les frontières de la Thaïlande et du Vietnam, les Dhammayetra c’est-à-dire Marche du Dharma ou Pèlerinage de la Vérité. Pour ces marches, il a écrit des « Paroles de Réconciliation » :

Chaque pas est une méditation,

chaque pas est une prière

chaque pas construit un pont... »

Donc il n'est pas étranger aux guerres, aux souffrances et à la douleur et il a toujours offert le Dharma comme réponse et source d'apaisement et de joie.

C'est pourquoi j'ai choisi aujourd'hui un texte de lui qui parle de la gratitude dont il dit qu’en grandissant elle donne naissance à la joie et la conclusion de ce texte est que le but de nos vies et d'être heureux.

Je pense que tout cela sont des choses qu'il est important pour nous d'entendre en ce moment et bien sûr d’ essayer de mettre en œuvre.

J’espère que ce texte éclairera vos journées à venir.


Maha Ghosananda

"Les moines bouddhistes commencent leur journée par un chant de gratitude pour les bienfaits reçus dans leur vie. Les premiers Amérindiens commençaient chaque cérémonie par des prières de gratitude à la mère Terre et au père Soleil, aux quatre directions, à l’animal, à la plante, et aux frères et sœurs minéraux qui partagent notre terre et soutiennent notre vie. Au Tibet, les moines et les nonnes offrent des prières de gratitude pour la souffrance qui leur a été donnée: « Je suis reconnaissant d'avoir eu assez de souffrance pour m’éveiller dans la plus profonde compassion et sagesse possibles. »

Le but de la vie spirituelle est de s’éveiller à une liberté joyeuse, un cœur bienveillant et compassionné malgré tout.

La gratitude est une reconnaissance complète de tout ce qui nous soutient, une prosternation devant tout ce que nous recevons, grand et petit, un remerciement pour les moments de bonheur qui soutiennent chaque jour notre vie. Nous recevons tant de choses pour lesquelles nous pouvons remercier.

La gratitude c’est la confiance dans la vie-même. Ce n’est pas sentimental, ce n’est pas être jaloux ni juger. La gratitude n’envie pas ou ne compare pas. La gratitude reçoit avec émerveillement la myriade d’offrandes de la pluie et de la terre, le bon soin qui permet toutes les vies sans exception.

En grandissant, la gratitude donne naissance à la joie. Nous expérimentons le courage de nous réjouir de notre propre bonheur et du bonheur des autres.

La joie est naturelle pour un cœur ouvert. Dans ce cœur ouvert, nous n’avons pas peur du plaisir. Nous ne faisons pas l’erreur de croire qu’il est déloyal envers la souffrance du monde d’honorer la joie qui nous a été donnée.

Comme la gratitude, la joie réjouit le cœur. Nous pouvons être heureux pour les personnes que nous aimons, pour les moments de bonnes choses, pour la lumière du soleil et les arbres, et pour le souffle dans notre poitrine. Et alors que notre joie augmente nous découvrons finalement une joie sans cause. Comme un enfant innocent qui n’a rien à faire pour être heureux, nous pouvons nous réjouir dans la vie-même, en étant vivant.

Le bonheur n’est pas quelque chose qui coule de source . Il vient de nos propres actions. Si vous voulez que les autres soient heureux, pratiquez la compassion. Si vous voulez être heureux, pratiquez la compassion. Le but de nos vies est d’être heureux.

ill. prajnyaforpeace



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